Moscou a annoncé ce 6 janvier 2025 la prise de la localité de Kourakové, ville minière stratégique de l’est de l’Ukraine. Selon l’armée russe, cette conquête va permettre d’« accélérer le rythme » pour contrôler la région. De son côté, l’armée ukrainienne poursuit son offensive dans la région russe frontalière de Koursk.
La perte de Kourakhové, située près d’un important gisement de lithium, n’a pas été pour l’heure confirmée par l’armée ukrainienne. Ce lundi 6 janvier 2025, elle fait état d’opérations « d’assaut dans la zone urbaine de Kourakhové ». Son état-major a affirmé sur Facebook qu’elle avait « repoussé 27 attaques » dans ce secteur et que des mesures avaient été prises pour « identifier et détruire les groupes d’assaut ennemis ».
Le ministère russe de la Défense a annoncé de son côté que ses troupes avaient « entièrement libéré la ville de Kourakhové, la plus grande agglomération dans le sud-ouest du Donbass », une vaste zone industrielle. Cette conquête permettrait de s’emparer du reste de la région de Donetsk « à un rythme accéléré », toujours selon le ministère. Il a aussi revendiqué la prise du hameau de Datchenské, juste au sud de Pokrovsk.
La Russie a accéléré ses avancées dans l’est de l’Ukraine, réalisant fin 2024 ses gains les plus significatifs depuis les premières semaines de l’invasion. Mais elle n’est pas arrivée jusqu’ici à effectuer une percée d’envergure et subit, selon Kiev, des pertes abyssales.
Une prise éminemment stratégique
L’annonce de la prise de Kourakhové, ville minière stratégique de l’est de l’Ukraine intervient dans un moment où les forces ukrainiennes, qui reculent depuis des mois sur le front est, auraient quant à elles lancé une nouvelle offensive dans la région frontalière russe de Koursk.
Chaque camp tente en ce moment de renforcer ses positions, tandis que les conjectures vont bon train depuis des semaines sur les conditions de futures négociations de paix. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le 20 janvier 2025, et ses promesses de mettre rapidement un terme au conflit n’y sont pas pour rien. Les États-Unis sont le principal fournisseur d’aide à Kiev, et Moscou considère Washington comme son ennemi existentiel.
Kourakhové est située à environ 41 km à l’ouest de Donetsk et à une trentaine de kilomètres au sud de Pokrovsk. Elle comptait approximativement 22 000 habitants avant le conflit et était une position défensive de premier plan pour les militaires ukrainiens dans ce secteur. Cette cité se trouve à proximité d’un important gisement de lithium, un minerai rare, un réservoir d’eau et abrite une centrale électrique à charbon qui a été endommagée par les combats.
« Les Ukrainiens ont à mener des discussions réalistes sur les questions
territoriales et eux seuls peuvent les conduire », a déclaré, lundi 6 janvier,
le président français Emmanuel Macron devant les ambassadeurs français
réunis à l’Élysée, au moment où la Russie, qui a pris possession de
quelque 20 % de l’Ukraine, multiplie les conquêtes dans l’est du pays.
Les Européens devront néanmoins « construire des garanties de sécurité »
pour l’Ukraine, a encore estimé le président français. « Les États-Unis d’Amérique
ont à nous aider pour changer la nature de la situation et convaincre la Russie
de venir à la table des négociations », a-t-il également souligné.
« Le nouveau président américain sait lui-même que les États-Unis n’ont aucune
chance de gagner quoi que ce soit si l’Ukraine perd » et une
« capitulation de l’Ukraine ne saurait être bonne pour les Européens et les Américains »,
a dit le président français, estimant que la « crédibilité » des Occidentaux serait
« battue en brèche » s’ils acceptent de « transiger » en raison d’une « fatigue »
du conflit. Il n’y aura « pas de solution rapide et facile en Ukraine », a encore averti M.
Macron, alors que le conflit à grande échelle déclenché
par la Russie en 2022 entrera dans sa quatrième année en février, dit l’AFP.
Source : rfi
