Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche matin en Allemagne pour des élections législatives anticipées qui pourraient marquer un tournant politique majeur. Le chancelier sortant, Olaf Scholz, est donné perdant, tandis que son rival chrétien-démocrate, Friedrich Merz, est favori pour remporter le scrutin. La question centrale reste de savoir avec qui Merz pourra former une coalition gouvernementale.
Les bureaux de vote ont ouvert à 8h (7h TU) et fermeront à 18h (17h TU), heure à laquelle les premiers résultats seront dévoilés. Plus de 59 millions d’électeurs sont appelés à choisir leurs députés. Bien que les files d’attente devant les bureaux de vote soient rares, cela ne signifie pas un désintérêt des citoyens. En 2021, plus de 76 % des Allemands avaient voté, grâce notamment au vote par correspondance, très populaire. À Berlin, un électeur sur trois a choisi cette option. Chaque électeur reçoit un bulletin à deux colonnes : l’une pour choisir un candidat local, l’autre pour sélectionner la liste régionale d’un parti.
Scholz et Merz ont voté
Olaf Scholz, le chancelier sortant, a voté à Potsdam après une séance de jogging. Bien que donné perdant, il a une raison de sourire : c’est l’anniversaire de sa femme. Friedrich Merz, le favori des sondages, a quant à lui voté dans son fief de l’Ouest avant de se rendre à Berlin. Cette campagne électorale, bien que courte, a été intense et a même divisé des familles, comme l’explique Quinn, un électeur de Dortmund : « Pour la première fois, chacun avait sa propre opinion. Je n’ai aucune idée de ce que le vote va donner, mais j’espère que ce sera bon pour mon parti favori. » Quinn votera pour le parti de gauche Die Linke.
Un scrutin crucial pour l’Allemagne
Ces élections interviennent à un moment critique pour l’Allemagne. Le pays, première puissance européenne, traverse une période de turbulences économiques et géopolitiques. La récession, les tensions commerciales avec les États-Unis, et la remise en question du modèle économique allemand, basé sur les exportations, sont au cœur des préoccupations. Friedrich Merz a promis des baisses d’impôts et un retour de l’Allemagne sur le devant de la scène européenne.
L’extrême droite, représentée par l’AfD, pourrait également réaliser un score historique, ce qui compliquera la formation d’un gouvernement stable. Alice Weidel, tête de liste de l’AfD, a reçu le soutien d’Elon Musk sur la plateforme X, appelant ses sympathisants à se mobiliser massivement.
Quelle coalition pour gouverner ?
Dans le système parlementaire allemand, il pourrait s’écouler des semaines, voire des mois, avant qu’un nouveau gouvernement ne soit formé. Les conservateurs de la CDU/CSU, qui excluent une alliance avec l’AfD, pourraient se tourner vers le parti social-démocrate (SPD), crédité d’environ 15 % des voix. Ce score, s’il se confirme, serait le pire résultat du SPD depuis l’après-guerre et marquerait probablement la fin de la carrière politique d’Olaf Scholz.
Un avenir incertain
Ces élections pourraient redéfinir l’avenir de l’Allemagne. Entre crise économique, montée de l’extrême droite et tensions géopolitiques, le prochain gouvernement aura la lourde tâche de relever de nombreux défis. Friedrich Merz, bien placé pour devenir chancelier, promet un virage à droite et un retour de l’Allemagne comme leader européen. Cependant, la formation d’une coalition stable reste incertaine, et les semaines à venir seront cruciales pour l’avenir du pays.