Conakry, 12 mars 2025 – Le gouvernement guinéen semble se diriger vers un audit approfondi des Établissements Publics à caractère Administratif (EPA). Ce mercredi, lors de la Revue globale des portefeuilles actifs des projets financés par les bailleurs de fonds, le Premier ministre Amadou Oury Bah a annoncé des mesures strictes pour encadrer l’octroi des subventions aux EPA. Désormais, chaque établissement devra justifier l’utilisation des budgets précédents avant de prétendre à de nouveaux financements.
Un contrôle renforcé pour une meilleure gouvernance
« Tous les EPA qui demandent le renouvellement de leur subvention devront justifier, au préalable, l’utilisation du budget qui leur a été alloué antérieurement. Cette justification sera exigée avant toute validation par le Premier ministre », a déclaré Amadou Oury Bah. Cette annonce marque un tournant dans la gestion des EPA, souvent critiqués pour leur manque de transparence et leur inefficacité.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où la Guinée compte 189 EPA, dont beaucoup sont qualifiés de « budgétivores » par les observateurs. Une étude réalisée l’année dernière avait déjà souligné la nécessité de rationaliser ces structures pour améliorer les prestations de l’administration. Cependant, malgré les efforts engagés, le processus de réforme semble enlisé depuis que le rapport a été transmis à la présidence en juillet 2024.
Vers une rationalisation des dépenses publiques
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’un suivi plus serré des projets et des dépenses de l’État. « Nous allons vers une plus grande rationalisation et un contrôle accru de tous les projets et de toutes les dépenses. Nous allons voir ça de très près », a-t-il affirmé. Cette déclaration laisse présager un renforcement des audits et des mécanismes de contrôle pour garantir une utilisation optimale des ressources publiques.
Un enjeu majeur pour la gouvernance
Cette initiative intervient alors que le gouvernement cherche à rassurer ses partenaires techniques et financiers sur sa capacité à gérer efficacement les fonds publics. En imposant des conditions strictes aux EPA, Amadou Oury Bah envoie un signal fort en faveur de la transparence et de la responsabilité.
Cependant, la mise en œuvre de ces mesures reste un défi de taille, notamment face à la résistance potentielle des structures concernées. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de cette réforme sur la gouvernance des EPA et, plus largement, sur la gestion des finances publiques en Guinée.
À suivre !