Une rupture diplomatique brutale
Le Rwanda a annoncé ce lundi 17 mars la rupture de ses relations diplomatiques avec la Belgique, accusant l’ex-puissance coloniale d’avoir « pris parti » pour Kinshasa dans le conflit en République démocratique du Congo (RDC). Selon un communiqué officiel, Kigali reproche à la Belgique d’avoir « constamment miné » le Rwanda, en propageant des « mensonges et manipulations » pour créer une opinion hostile à son égard. La mission diplomatique belge, déjà réduite à un chargé d’affaires depuis juillet 2023, a 48 heures pour quitter le territoire rwandais.
Des tensions qui s’enveniment
Cette décision intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays. En février, le Rwanda avait suspendu sa coopération au développement avec la Belgique, dénonçant une campagne « agressive » de Bruxelles. Le président Paul Kagame a réitéré ces accusations dimanche lors d’un meeting, critiquant vivement les autorités belges.
La Belgique, « moteur des sanctions » européennes
Le Rwanda accuse la Belgique d’être à l’origine des sanctions adoptées ce lundi par l’Union européenne (UE) contre des personnalités rwandaises, notamment des militaires et des responsables économiques, pour leur soutien présumé au groupe rebelle M23 en RDC. Kigali estime que Bruxelles utilise son influence pour déstabiliser le Rwanda et la région.
Réaction belge : une décision « disproportionnée »
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a qualifié la décision rwandaise de « disproportionnée ». Il a annoncé que la Belgique prendrait des mesures similaires, tout en regrettant que Kigali préfère rompre le dialogue plutôt que de chercher à résoudre les différends par la diplomatie.
Un conflit régional aux ramifications complexes
Cette rupture diplomatique illustre les tensions croissantes dans la région des Grands Lacs, où le Rwanda est accusé par Kinshasa et ses alliés de soutenir le M23, un groupe rebelle actif dans l’est de la RDC. Le Rwanda, de son côté, dénonce une campagne de désinformation et de manipulation visant à isoler le pays sur la scène internationale.
Cette rupture marque un tournant dans les relations déjà fragiles entre le Rwanda et la Belgique, tout en soulignant la complexité des enjeux géopolitiques dans la région des Grands Lacs. Les conséquences de cette décision sur la stabilité régionale et les efforts de paix restent à surveiller.