Conakry, 30 mars 2025 – Alors que le Ramadan s’achève sur l’Aïd el-Fitr, la Guinée célèbre un autre événement : les 25 ans de présence de RUSAL sur son sol. Le géant russe, acteur clé de l’industrie mondiale de l’aluminium, a marqué l’économie guinéenne par ses investissements massifs – plus de 500 millions de dollars – et ses initiatives sociales. Un anniversaire qui relance le débat sur l’équilibre entre profits miniers et retombées locales.
Un pilier industriel controversé
Avec des sites comme la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK) ou le complexe Friguia (seule usine d’alumine d’Afrique), RUSAL a propulsé la Guinée au rang de premier exportateur de bauxite mondial. Le gisement de Dian-Dian, le plus vaste au monde (564 millions de tonnes), symbolise cette ambition.
Pourtant, l’entreprise est régulièrement critiquée pour son impact environnemental et ses relations tendues avec les communautés locales. « La modernisation promise tarde à concilier rentabilité et respect des écosystèmes », souligne un rapport de la société civile guinéenne en 2024.
Bilan social : écoles, santé et bourses
En réponse, RUSAL met en avant ses 450 projets sociaux, dont :
- La construction d’écoles et de centres de santé à Kindia, Fria et Boké.
- Le CREMS (Centre de recherche en épidémiologie), crucial pendant Ebola et le Covid-19.
- 250 bourses d’études en Russie, et un nouveau programme pour 50 futurs médecins guinéens.
« Ces initiatives ont changé nos vies », témoigne Fatoumata Binta Diallo, bénéficiaire d’une bourse RUSAL. Mais des voix s’élèvent pour demander plus de transparence : « 15 millions de dollars investis en bourses, c’est bien, mais cela représente moins de 3% des profits annuels de RUSAL en Guinée », calcule l’économiste Mamadou Barry.
Projets futurs : trains, ports et emplois
Lors d’une récente visite, une délégation dirigée par Yakov Itskov a présenté au Premier ministre Amadou Oury Bah un projet phare :
- Une voie ferrée de 100 km et un port à Dobali (capacité : 16 à 46 millions de tonnes).
- Objectif : créer milliers d’emplois et désenclaver la région de Boké.
« Ce partenariat est gagnant-gagnant », affirme le gouvernement. Les ONG restent vigilantes : « Il faut garantir que les populations locales en bénéficient réellement », insiste Aminata Touré, de l’Observatoire des industries extractives.