Nous célébrons ce jeudi notre 67ᵉ anniversaire d’indépendance, une date historique qui continue de porter haut l’héritage de liberté et de dignité transmis par les pères fondateurs.
Le chef de l’État a livré un discours empreint de solennité et d’ambition, où la mémoire des pères fondateurs s’entrelace avec les réformes en cours et une vision résolument tournée vers l’avenir.
Mémoire et responsabilité
Le président a d’emblée placé la commémoration dans une double dimension : celle de la fierté nationale et celle de la responsabilité citoyenne. « Le 2 octobre 1958, nos vaillants devanciers ont fait le choix courageux de la liberté et de la dignité », a-t-il rappelé, avant d’appeler à s’inspirer de cet héritage pour « construire le futur ensemble ».
Le thème retenu cette année, « S’inspirer du passé pour bâtir l’avenir », traduit cette volonté de conjuguer mémoire et projection, en rendant hommage au sacrifice des devanciers tout en inscrivant la Guinée dans une dynamique de transformation.
L’affirmation d’une souveraineté économique
Une large partie du discours a été consacrée à l’économie, présentée comme le cœur de l’indépendance réelle. Depuis le 5 septembre 2021, a insisté le président, la Guinée s’est engagée dans « l’ordre, la discipline, le vivre ensemble et l’excellence », avec à la clé des réformes qui commencent à porter leurs fruits.
Il a mis en avant l’obtention de la première notation souveraine de l’histoire du pays, évaluée à B+ avec perspective stable, saluée comme une reconnaissance internationale de la crédibilité des réformes. Le chef de l’État a également affirmé que la Guinée figure désormais « au rang de deuxième puissance économique de l’Afrique francophone de l’Ouest », un signal fort destiné à renforcer la confiance des partenaires financiers.
La mise en place du Fonds souverain de Guinée a été annoncée comme une étape décisive, garantissant une gestion durable et stratégique des ressources naturelles au profit des générations futures.
Simandou 2040, horizon d’un projet national
Véritable colonne vertébrale du discours, le programme Simandou 2040 a été présenté comme « un pont vers la prospérité ». Il repose sur trois piliers : l’exploitation transparente des ressources, l’investissement massif dans les infrastructures (chemin de fer, routes, ports, énergie) et la valorisation du capital humain à travers l’éducation, la formation et la recherche.
« Simandou 2040, c’est avant tout vous, les femmes, les hommes, les filles et les fils de notre nation », a souligné le président, insistant sur la nécessité d’unir les forces et les intelligences pour bâtir une Guinée compétitive et attractive.
Un discours à forte tonalité sociale et un appel à l’unité
Au-delà de l’économie, le président a replacé la souveraineté dans sa dimension sociale : emploi, santé, éducation, sécurité alimentaire et énergétique, justice sociale. Autant de domaines qu’il érige en leviers du bien-être collectif.
Dans un passage empreint d’émotion, il a exprimé sa reconnaissance aux forces de défense et de sécurité, aux travailleurs, à la jeunesse et aux femmes, qualifiés de « sève et avenir de la République de Guinée ». Il a également eu une pensée pour les malades et les familles endeuillées, avant de conclure par un appel à « l’unité, la discipline et la solidarité ».
Entre ambition et attentes
Ce discours du 67ᵉ anniversaire marque une volonté claire de redéfinir l’indépendance à travers l’économie. En plaçant la souveraineté économique au cœur de son propos, le chef de l’État cherche à ancrer la transition dans une logique de résultats concrets et durables. Le projet Simandou 2040 apparaît comme l’axe stratégique qui doit incarner cette ambition.
Toutefois, l’ampleur des promesses pose la question de leur mise en œuvre effective : financement, gouvernance, redistribution équitable des ressources et participation citoyenne. L’histoire guinéenne regorge de projets annoncés mais jamais aboutis ; le défi réside donc dans la capacité de l’État à transformer ces engagements en réalités palpables.
En ce 2 octobre 2025, le président inscrit l’indépendance dans une continuité : mémoire du passé, réformes en cours et projection vers 2040. Le pari est audacieux : faire de la Guinée non seulement une nation libre, mais une économie souveraine et prospère.