Kaloum, ce jeudi 27 novembre, avait des allures de respiration nouvelle pour l’Office guinéen de publicité (OGP). Dans la salle où se tenait la dernière session ordinaire du Conseil d’administration pour l’année 2025, un mot s’imposait silencieusement, comme une présence : restructuration. Depuis l’arrivée d’Aladji Cellou Camara à la tête de l’institution, l’OGP donne l’impression de se redresser comme un arbre longtemps courbé par les intempéries.
Au cœur des travaux du jour, un chantier administratif majeur : le tout nouveau manuel de procédures, véritable ossature de la réforme interne. L’OGP en était dépourvu depuis sa création, une lacune qui prend aujourd’hui des allures de point de départ symbolique pour mesurer la profondeur du travail accompli.
Fatoumata Binta Barry, chef de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances et membre du CA, a rappelé l’ampleur de l’avancée :
« Les membres du Conseil d’administration se sont retrouvés aujourd’hui à cette session, […] pour échanger sur le manuel de procédures qui leur a été soumis […] Nous avons examiné ce manuel de procédures et des recommandations ont été formulées pour prendre en compte les différentes remarques. »
Elle souligne l’importance stratégique du document, destiné à créer une organisation disciplinée, moderne et alignée :
« Le manuel de procédures permettra à l’OGP d’assurer un bon fonctionnement […] et d’avoir vraiment des procédures documentées, qui seront un véritable outil de pilotage pour l’ensemble de la direction. »
Elle précise que l’accent devra être mis sur la digitalisation et le recouvrement, indispensables pour consolider la santé financière de l’établissement.

Aladji Cellou Camara, l’architecte du redressement
Depuis son arrivée, Aladji Cellou Camara s’est imposé comme l’un des artisans les plus rigoureux de la réforme administrative guinéenne récente. Sous son impulsion, l’OGP n’a pas seulement été réorganisé : il a été remis en marche, remis au carré, remis au propre. L’homme, méthodique, exigeant, avance avec la patience d’un bâtisseur et la prudence d’un gestionnaire qui sait d’où il part.
C’est avec transparence qu’il a rappelé le point de départ :
« Quand nous avons pris fonction à l’OGP, nous n’avons pas trouvé de manuel de procédures. Or, c’est un outil extrêmement important, d’autant plus que nous sommes en situation de redressement. Je pense qu’il sera adopté et il sera notre bible pour nous permettre d’avancer, pour nous permettre de continuer le redressement de l’Office guinéen de publicité. »
L’expression est forte: une bible. Elle dit tout du cap et de la discipline qu’il entend inscrire au cœur de l’institution.

Le siège de Koloma : un chantier suspendu… qui renaîtra
Autre dossier symbolique abordé durant cette session : la construction du siège de l’OGP à Koloma, longtemps à l’arrêt. Une décision difficile, mais nécessaire, a rappelé le Directeur général.
« Une construction qui avait été entamée par nos prédécesseurs, mais que nous avions stoppée pour de bonnes raisons. Nous voulions savoir exactement ce que le contrat du prestataire disait clairement. Mais je pense que nous relancerons cette construction pour 2026. »
L’ambition est claire : offrir enfin à l’OGP un siège digne de son rôle national, sortir d’une location devenue anachronique, et installer durablement la structure dans une logique d’efficacité moderne.
Une vision, un héritage, un marqueur de gouvernance.
Un OGP enfin à flot : la rigueur comme moteur
Le redressement financier, longtemps considéré comme un défi endémique, montre aujourd’hui des signes visibles de consolidation. Aladji Cellou Camara ne s’en enorgueillit pas ; il constate, avec la modestie de ceux qui ne réclament pas les applaudissements, mais qui agissent.
« La tendance est bonne. Je ne crie pas encore victoire. L’OGP, c’est comme une vie simplement. Il y a des hauts et des bas. Nous avons sorti la tête de l’eau. Cela ne veut pas dire que nous avons encore gagné la bataille. »
Mais les faits parlent, eux. Et ils sont têtus :
– salaires payés régulièrement le 25 de chaque mois ;
– dette fournisseurs inexistante ;
– situation impeccable vis-à-vis de la CNSS et des impôts ;
– obligations honorées auprès de tous les partenaires ;
– rôle pleinement assumé dans la communication institutionnelle en année électorale.
Le Directeur général peut donc affirmer, avec un optimisme mesuré :
« Je pense que nous aurons à la fin de l’année un bilan positif. »

Un OGP transformé, une gouvernance assumée
Dans un paysage institutionnel souvent secoué par l’improvisation, l’OGP version Cellou Camara se distingue par une discipline rare, presque artisanale. Chaque chantier semble s’inscrire dans une volonté de remettre à l’endroit ce qui fut longtemps laissé en suspens. Structure interne, finances, gouvernance, image… l’institution semble retrouver une tenue, une posture.
L’année 2025 s’achève donc sur un parfum de reconstruction sérieuse. Une reconstruction qui porte une signature, discrète mais constante : celle d’un Directeur général qui aura su, en moins d’un an, instaurer la rigueur, assainir, ordonner et projeter l’OGP vers une trajectoire plus stable.
Une page se tourne. Une autre s’écrit. Et elle porte déjà les marques d’un redressement assumé.