Il y a des anniversaires qui ne se célèbrent ni à coups de fanfare, ni sous les ors des discours convenus. Celui qui marque une année depuis la nomination de Aladji Cellou Camara à la tête de l’Office guinéen de publicité (OGP) relève de cette catégorie rare où la sobriété vaut mieux que l’autosatisfaction. Ici, point de fête ni de festin. Seulement le temps du regard lucide posé sur un parcours semé d’embûches, de résistances et d’héritages lourds, parfois écrasants.
En douze mois, tout n’a pas été réglé. Tous les objectifs n’ont pas été atteints. Mais l’essentiel demeure : l’OGP a tenu debout. Dans un contexte marqué par des vents contraires, une situation financière fragile et un passif abyssal, l’institution n’a pas sombré. Le navire a encaissé les vagues, affronté les tempêtes et maintenu sa trajectoire. Cette résilience, loin d’être un miracle, est le fruit d’une gestion prudente, d’une volonté de redressement assumée et d’un effort constant pour restaurer des règles de gouvernance longtemps malmenées.
Ce premier cycle de gestion s’est aussi inscrit dans un cadre de soutien institutionnel déterminant. L’appui du Chef de l’État, l’accompagnement du Premier ministre et l’encadrement du Conseil d’administration ont constitué des balises essentielles dans ce chantier délicat. Grâce à cette convergence, l’OGP a pu renouer avec une certaine stabilité, remettre de l’ordre dans ses priorités et réapprendre à fonctionner comme une administration normale, appelée à durer, et non comme une structure livrée aux improvisations.
Reste la question centrale du passif, cette montagne de dettes et de dysfonctionnements accumulés au fil des dernières années, par le tristement célèbre Mandian Sidibé.
Les experts les plus optimistes, eux-mêmes, estiment qu’il faudra une génération entière pour en venir totalement à bout. Le reconnaître n’est pas un aveu de faiblesse, mais un acte de vérité. Gouverner, parfois, consiste d’abord à nommer la réalité avant de prétendre la transformer.
Pour autant, l’horizon n’est pas fermé. Les fondations posées au cours de cette première année esquissent des perspectives plus lisibles. 2026 s’annonce avec davantage de méthode, de clarté et de rigueur, dans un esprit de continuité et de patience. À l’OGP, le temps du redressement n’est pas celui des effets d’annonce, mais celui du travail silencieux. Et c’est peut-être là, précisément, que réside la marque d’un leadership qui choisit de tenir le cap, même quand la mer est encore agitée.
Par Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com