Les faits 224

Absentéisme et retraités illégaux : le ministre Bourouno durcit le ton


Mamou – Le ministre du Travail et de la Fonction Publique, Faya François Bourouno, a entamé une mission de contrôle à l’intérieur du pays pour vérifier la présence effective des agents de l’État à leurs postes. Cette initiative vise à identifier et corriger les anomalies dans la gestion des fonctionnaires, notamment en ce qui concerne l’absentéisme et le respect des consignes ministérielles.

À Mamou, première étape de cette tournée, le ministre a rencontré les autorités régionales et préfectorales pour échanger sur la situation des fonctionnaires retraités et le respect des directives de son département. Malgré les réformes engagées, de nombreux agents continuent de contourner les règles, ce qui a conduit à des missions de contrôle approfondies, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

« La mission consiste à aller école par école, centre de santé par centre de santé, dispensaire par dispensaire, pour contrôler les enseignants et les agents de santé affectés à ces postes. Cela permettra d’assainir le fichier de la fonction publique. Bien que la biométrie ait été mise en place, certains individus ont réussi à se faufiler à travers les mailles du filet. Ce contrôle physique nous permettra de savoir qui travaille réellement et qui ne travaille pas. Les agents inactifs seront radiés du fichier, ce qui nous aidera à mieux planifier les besoins du système éducatif et de santé », a expliqué Faya François Bourouno après avoir supervisé une opération de contrôle dans une école de Mamou.

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Le cas des retraités : une anomalie administrative à corriger

Le ministre a également abordé la question des fonctionnaires retraités qui continuent illégalement à occuper leurs postes. « Au 31 décembre, les personnes concernées devaient cesser toute activité. Cependant, j’ai été désagréablement surpris d’apprendre qu’à Mamou, comme dans d’autres régions, certains retraités continuent de travailler. C’est une grave anomalie administrative qui doit être corrigée rapidement. Nous devons nous assurer que les retraités sont remplacés et que les effets de leur fonction sont rendus », a-t-il insisté.

Cette situation souligne la nécessité d’un fichier de la fonction publique « assaini », où seuls les agents actifs et réguliers seront rémunérés. « Désormais, nous aurons une base de données précise des fonctionnaires payés par l’État, c’est-à-dire ceux qui travaillent effectivement à leur poste », a ajouté le ministre.

Absentéisme et responsabilité des chefs de service

Le ministre a également pointé du doigt l’absentéisme et le manque de responsabilité des chefs de service. « Normalement, on n’a pas besoin de déployer des missions de contrôle. Les chefs de service doivent assumer leur rôle en vérifiant régulièrement la présence des agents sous leur responsabilité. Les textes sont clairs : on paye le service fait. Celui qui ne vient pas au travail, même s’il a un matricule, peut voir son salaire bloqué », a-t-il rappelé.

Il a appelé les directeurs d’écoles, les responsables de centres de santé et autres chefs de service à prendre leurs responsabilités pour garantir une gestion efficace des effectifs. « Cela permettra une meilleure collaboration entre les acteurs et un fichier complètement assaini », a-t-il précisé.

Un constat amer : l’intérieur du pays mal servi

Le ministre a exprimé son regret face au manque de moyens et de motivation des agents affectés à l’intérieur du pays. « Nous constatons que l’intérieur du pays est souvent mal servi, tant en termes d’agents que de facteurs de motivation. Des dispositions urgentes seront prises pour créer des conditions attractives et encourager les fonctionnaires à servir dans les zones rurales et reculées », a-t-il annoncé.

Il a également souligné l’importance de la collaboration avec les médias et les acteurs locaux pour atteindre ces objectifs.

Des réformes appréciées par les fonctionnaires

Depuis son arrivée à la tête du ministère, Faya François Bourouno a engagé plusieurs réformes visant à moderniser et assainir la fonction publique. Ces actions, ainsi que sa proximité avec les cadres et les fonctionnaires, même dans les zones les plus reculées, sont largement saluées.

« C’est une très bonne initiative. Il y a des gens qui sont payés par l’État mais qui ne sont jamais en poste. Si le fichier est assaini, cela créera des opportunités pour d’autres jeunes d’intégrer la fonction publique. Je suis très satisfaite de cette action », a déclaré Hadiatou Diallo, enseignante au lycée de Mamou.

Prochaine étape : élargir le contrôle à d’autres services publics

Dans sa seconde phase, cette mission de contrôle s’étendra à d’autres services publics, poursuivant ainsi l’objectif d’une fonction publique plus efficace et transparente.

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