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Affaire de détournement de fonds : Les débats se poursuivent contre l’ex-ministre Ibrahima Kourouma

Les débats dans l’affaire de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite impliquant l’ex-ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation du régime Condé, Dr Ibrahima Kourouma, se sont poursuivis ce lundi 3 février 2025 devant la chambre du jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). L’affaire a été renvoyée au 10 février pour la suite des débats.

L’ex-ministre, proche de l’ancien président Alpha Condé, est accusé avec l’ancien directeur administratif et financier (DAF) du ministère, Mohamed V Sankhon, de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite. Les montants en question s’élèvent à 612 milliards 520 millions 784 mille 809 francs guinéens et 12 milliards de dollars, des sommes non justifiées selon la cour dans le cadre de l’organisation des examens nationaux.

Interrogé lors de l’audience, Dr Kourouma a nié toute collaboration avec son co-accusé : « On dit que le ministre a détourné des fonds avec son DAF, mais je n’ai jamais travaillé avec Mohamed V Sankhon. Il n’a jamais été mon DAF, comme on le prétend. Je me demande donc pourquoi je suis dans le même dossier que lui. C’est ici, dans cette salle, que je l’ai vu pour la première fois. Durant tout mon mandat au ministère, je ne l’ai jamais rencontré. »

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Il a également insisté sur l’existence de pièces justificatives : « Toutes les preuves existent. Si on ne les trouve pas au ministère des Finances, elles sont au Trésor public. Ce n’est pas au ministre de justifier les dépenses, c’est au pool financier du ministère. Les pièces existent, mais ils n’ont pas voulu les chercher. Tout ce qu’ils voulaient, c’était me détruire. J’aurais préféré laisser ma peau pendant Ebola plutôt que d’être traîné en justice pour un faux rapport. Aujourd’hui, on m’appelle « monsieur le multi-milliardaire » à la maison centrale. Qu’ai-je fait à ce pays pour mériter un tel traitement ? »

Dr Kourouma a exprimé son désarroi face à la situation : « Je me suis sacrifié pour l’éducation en Guinée. C’est moi qui ai réussi à publier les résultats du baccalauréat en deux semaines. J’ai tout donné pour ce pays, mais aujourd’hui, on m’a tout pris : ma liberté, ma famille, ma dignité. Mon image est salie, et je ne peux plus travailler nulle part. On dit partout que j’ai volé 612 milliards et 12 milliards de dollars. Monsieur le Président, rendez-moi justice. »

À noter que l’ex-ministre, également ancien ministre de l’Urbanisme, est détenu à la maison centrale de Conakry depuis 34 mois sous mandat de dépôt.

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