L’ouverture du procès de Mandian Sidibé est une étape importante dans une affaire qui suscite de vives interrogations au sein de l’opinion publique. Les faits reprochés sont d’une gravité exceptionnelle.
Selon l’acte de renvoi lu devant la CRIEF, le kleptomane Mandian Sidibé est poursuivi pour des faits de détournement de deniers publics, d’abus de fonction, de corruption, d’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, d’usage illicite de biens publics par l’octroi d’avantages injustifiés, de concussion et de complicité.
Le montant évoqué dans cette procédure atteint 78 milliards de francs guinéens. Face à de telles accusations, une question domine : que s’est-il réellement passé ?
La Guinée n’attend ni des effets de manche, ni des campagnes émotionnelles, ni des batailles de communication. Elle attend des réponses. Des réponses précises. Des réponses documentées. Des réponses vérifiables.
Au cours de l’audience, la défense, désarmée, a mis en avant l’état de santé de Mandian Sidibé, affirmant qu’il souffrirait de graves problèmes médicaux et qu’il serait hospitalisé depuis plusieurs mois. Ces éléments méritent naturellement d’être examinés avec tout le sérieux requis par la justice et dans le respect des droits de la défense.
Mais la question de la santé d’un prévenu, aussi importante soit-elle sur le plan humain, ne saurait effacer celle des faits qui lui sont reprochés. L’état physique d’un accusé ne répond pas aux interrogations soulevées par un dossier judiciaire. Il ne remplace ni les pièces comptables, ni les contrats, ni les rapports d’audit, ni les éléments d’enquête.
L’opinion publique a déjà observé, au fil des années, de nombreux dossiers dans lesquels les débats ont parfois semblé se déplacer du fond vers la forme. Pourtant, ce qui importe aujourd’hui, ce n’est pas seulement de savoir qui est malade ou qui ne l’est pas. Ce qui importe, c’est de savoir ce qu’il est advenu des ressources publiques placées sous la responsabilité de gestionnaires investis de la confiance de l’État.
Car derrière les chiffres se cachent des réalités concrètes. Soixante-dix-huit milliards de francs guinéens ne constituent pas une simple ligne comptable. Cette somme représente potentiellement des infrastructures, des équipements, des investissements et des services dont les citoyens ont besoin. Elle évoque des écoles à construire, des centres de santé à équiper, des routes à entretenir, des programmes publics à financer.
C’est précisément pour cette raison que depuis deux ans, ce dossier alimente de nombreux débats, commentaires et prises de position. Désormais, l’heure n’est plus aux spéculations. Elle est à la confrontation des faits, à l’examen des preuves et à l’exercice serein de la justice.
Le kleptomane Mandian Sidibé, comme tous ceux poursuivis devant la CRIEF, ne doivent pas se cacher derrière des prétextes fallacieux pour se soustraire à la rigueur de la loi. Car une chose est certaine : au-delà des maladies invoquées, au-delà des stratégies de défense et des joutes judiciaires, la Guinée attend des réponses. Des réponses à la hauteur des crimes économiques commis.
Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com
