Acculé face à l’Iran, Trump joue avec le feu. Le conflit ouvert par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran entre dans sa troisième semaine et les conséquences économiques de la fermeture du détroit d’Hormuz sont bien là. A défaut de plan, Donald Trump a à présent un objectif, étendre la guerre à tout l’Occident. Le point.
Un très mauvais avenir. Voilà la promesse faite par Donald Trump aux pays alliés, membres de l’OTAN, si ces derniers ne veulent pas participer à son aventure hasardeuse contre l’Iran. 17 jours après les attaques conjointes de Tel Aviv et Washington contre Téhéran, la fermeture du détroit d’Hormuz montre ses premières conséquences et laisse surtout craindre une crise mondiale au-delà du choc pétrolier de 1973.
Et pour cause, quand la zone charriait 9% de l’or noir de la planète il y a 50 ans, c’est désormais plus du double. Un goulot d’étranglement pour l’énergie qui fait redouter le pire sur l’économie déjà fragile des Etats-Unis et d’une bonne partie de la planète alors que le baril de pétrole a déjà largement dépassé les 100 dollars. C’est dans ce cadre que Donald Trump tente donc d’impliquer l’OTAN pour qu’elle intervienne contre les Iraniens pour ouvrir le détroit, fermé en réaction à l’agression américano-israélienne.
Une éventualité rejetée pour le moment par l’Allemagne. Stéphane Cornelius, le porte-parole du gouvernement et le ministre de la Défense Boris Pistorius ont rappelé que cette guerre n’était pas celle de l’OTAN et que l’alliance ne l’avait pas déclenché. L’Australie a également explicitement refusé d’envisager une telle implication de l’OTAN, tout comme le Japon.
Emmanuel Macron reste quant à lui avec la nouvelle version de son ambiguïté stratégique et sa posture défensive avec le porte-avion Charles de Gaulle déployé en Méditerranée. Le président français a d’ailleurs tenu à rassurer sur les inquiétudes quant à l’économie mondiale et les tensions autour du pétrole.
Nombre de pays ont toutefois rappelé utilement que la meilleure façon de débloquer le détroit d’Ormuz serait d’en finir avec le conflit déclenché par Trump et Netanyahou. Dans ce cadre, Trump a estimé que Téhéran n’était pas encore à l’heure des négociations. Ils veulent négocier, ils en ont vraiment envie. Le menteur sans vergogne !
« Je ne pense pas qu’ils soient prêts. Ils en ont vraiment envie comme il se doit, mais je ne pense pas qu’ils soient prêts à faire ce qu’ils doivent faire. Je pense qu’ils le seront à un moment donné », a déclaré le tyran fasciste Donald Trump.
Des propos aussi ambigus que son plan depuis le début des opérations. Dans ce cadre, les frappes israéliennes et américaines se poursuivent sur l’Iran en ciblant les capacités balistiques et les infrastructures et usines militaires. Le suprémaciste Donald Trump affirme depuis plusieurs jours avoir réduit à néant les capacités de frappe de son adversaire.
En réponse, Téhéran a dégainé pour la première fois son missile Sejjil sur Israël dimanche. Il s’agit d’un missile balistique à deux étages, dit dansant, car il a une grande manœuvrabilité et rend difficile son évitement. Lancé dans une salve avec d’autres missiles, notamment des Koram-char, on ignore s’il a pu être neutralisé par la défense antiaérienne israélienne, mais plusieurs dommages ont été recensés après l’opération, notamment sur un consulat américain.
A la suite de ces frappes, des rumeurs quant à l’état de Benjamin Netanyahou ont surgi sur la toile. D’aucuns l’annoncent mort, d’autres blessé. Le tout contredit par des vidéos souvent réalisées avec de l’intelligence artificielle au point qu’il soit difficile d’avoir les idées claires sur la situation.
Téhéran continue également de viser les bases américaines dans les pays du Golfe, notamment au Koweït et aux Émirats, où un civil serait mort après que sa voiture ait été touchée par un missile. L’aéroport de Dubaï a également été fermé plusieurs heures après la chute d’un autre missile.
De son côté, Israël, dans sa confrontation avec le Hezbollah, frappe aussi le Liban, dans la région du sud du pays, mais aussi à Beyrouth ainsi que dans les villages chrétiens que les habitants refusent de quitter. L’armée israélienne exige en effet l’évacuation complète du territoire au sud du fleuve Litany, zone qui devait être quittée par le Hezbollah depuis l’accord de cesser le feu de 2024. Tout porte désormais à croire qu’Israël souhaite occuper la zone.
Quoi qu’il en soit, le Liban s’enfonce petit à petit dans la crise, avec des exodes massifs et contraintes de la population, dans un relatif désintérêt diplomatique, alors que les conséquences humanitaires, politiques, économiques et migratoires ne devraient pas tarder à s’abattre sur l’Europe.
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