Le 3 septembre 2026, la capitale guinéenne a accueilli la deuxième journée de la 12e Conférence africaine sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescents et des jeunes (DSSR). Plus de 200 délégués provenant de 15 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale se sont réunis au Palais des Congrès de Conakry pour débattre du financement, de la résilience face aux crises et des actions concrètes à mettre en œuvre.
Organisée conjointement par le Ministère de la Santé de la République de Guinée, l’UNICEF et l’UNFPA, la conférence s’inscrit dans la continuité du programme « Adolescentes et santé » lancé en 2022. Les sessions du jour ont d’abord exposé les obstacles persistants à l’accès aux services de santé sexuelle, notamment le manque de ressources budgétaires et les perturbations causées par les conflits et les catastrophes naturelles dans la région du Sahel. Le Dr Mariam Camara, directrice de la Division de la santé des jeunes du ministère guinéen, a rappelé que seulement 38 % des adolescents en zone rurale bénéficient d’un suivi contraceptif, contre 62 % en zone urbaine.
Les participants ont présenté des études de cas illustrant la vulnérabilité accrue des jeunes filles pendant les crises humanitaires. Selon le rapport du Programme alimentaire mondial cité lors du panel, plus de 1,2 million d’adolescents ont été déplacés en 2025, réduisant drastiquement l’accès aux services de dépistage du VIH et aux soins prénatals. Le représentant de la Banque africaine de développement, M. Jean‑Baptiste Kouadio, a annoncé une ligne de crédit de 10 millions de dollars destinée à renforcer les cliniques mobiles dans les zones affectées. Des ONG locales, comme « Jeunes pour la Vie », ont partagé leurs succès dans la mise en place de groupes d’entraide psychologique, réduisant le taux de grossesse précoce de 5 points dans trois provinces.
En clôture, le secrétaire général de la Commission de l’Union africaine pour la santé sexuelle, Prof. Aïcha Diarra, a appelé à la création d’un fonds panafricain dédié aux programmes de DSSR, avec un objectif de mobiliser 150 millions de dollars d’ici 2028. Elle a indiqué que la prochaine réunion de suivi se tiendra à Dakar en mars 2027, où les États participants devront soumettre leurs plans d’action nationaux. Cette perspective ouvre la porte à de nouvelles collaborations entre les gouvernements, les bailleurs de fonds et les organisations de la société civile, afin de garantir que chaque adolescent en Afrique puisse exercer pleinement ses droits à la santé sexuelle et reproductive.
