Le président de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a annoncé ce vendredi 7 mars l’avancement des élections présidentielle et législatives au 23 novembre, après une concertation avec plusieurs partis politiques visant à résoudre la crise politique qui secoue le pays. Cette décision a été officialisée par un décret présidentiel. Initialement prévues pour le 30 novembre, ces élections interviennent dans un contexte tendu, marqué par des divisions politiques profondes.
Lors de cette réunion tenue à Bissau, le chef de l’État a cherché à établir un « consensus sur la date des élections générales ». Cependant, la principale coalition d’opposition, Pai Terra Ranka, dirigée par Domingos Simoes Pereira, a boycotté la rencontre. Cette coalition conteste la légitimité de M. Embalo, investi le 27 février 2020 pour un mandat de cinq ans à l’issue d’élections controversées. Selon l’opposition, son mandat aurait déjà expiré, ce qui le priverait de sa légitimité à organiser ces scrutins.
Umaro Sissoco Embalo, qui a annoncé sa candidature à un second mandat lundi dernier, tente de rétablir la stabilité dans un pays marqué par une histoire politique tumultueuse, ponctuée de coups d’État depuis son indépendance en 1974. La réunion de ce vendredi a réuni principalement des formations proches du pouvoir ou peu représentatives, laissant l’opposition majeure en dehors des discussions.
Cette décision d’avancer les élections pourrait être perçue comme une tentative d’apaiser les tensions, mais elle risque également de susciter de nouvelles critiques, notamment de la part de l’opposition, qui dénonce déjà un processus électoral biaisé.