Récemment, un blogueur – dont nous tairons volontairement le nom afin de ne pas lui offrir la tribune qu’il recherche – s’est illustré par une sortie aussi virale que fallacieuse sur les réseaux sociaux. Dans une publication aux relents manifestement sensationnalistes, l’intéressé a soutenu, sans la moindre preuve, que l’ensemble des postes stratégiques au sein de la Police guinéenne serait occupé par des cadres d’une seule composante ethnique, en l’occurrence mandingue.
Une affirmation grave. Mais surtout, une contre-vérité flagrante.
Un simple regard sur l’organigramme du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, ainsi que sur les différentes directions opérationnelles et techniques de la Police nationale, suffit à démontrer l’inanité de tels propos.
L’institution policière guinéenne, à l’image de la Nation qu’elle sert, est plurielle, diverse et inclusive. Peuls, Soussous, Forestiers, ainsi que des cadres issus de toutes les régions et sensibilités du pays, y occupent des responsabilités majeures, fruits de leurs compétences, de leur mérite et de leur parcours professionnel.
La Police guinéenne n’est pas un espace de repli identitaire ; elle est une famille républicaine structurée autour des valeurs de discipline, d’égalité et de service public. Les nominations aux postes de commandement obéissent à des critères administratifs, académiques et opérationnels précis, et non à des considérations communautaires fantasmées par quelques esprits en quête de polémique facile.
Plus grave encore, le même blogueur a insinué que certains hauts cadres de l’institution ne disposeraient même pas du Brevet d’Études du Premier Cycle. Une accusation aussi téméraire que mensongère, qui frise la diffamation pure et simple. Les officiers et commissaires occupant des fonctions de direction sont issus d’écoles de police, d’académies militaires, d’universités nationales et étrangères, avec des cursus certifiés et vérifiables.
À titre illustratif, l’actuel Directeur général de la Police nationale a, en un laps de temps remarquablement court, impulsé de nombreuses réformes et innovations, contribuant à hisser de manière significative le niveau opérationnel et institutionnel de la Police guinéenne.
Les allégations de ce blogueur relèvent donc moins de l’ignorance que d’une volonté manifeste de manipuler l’opinion, de créer artificiellement le buzz et de capitaliser quelques mentions “J’aime” au prix de l’honneur de notre institution républicaine.
Il est profondément regrettable, aujourd’hui, de constater que l’espace numérique serve de refuge à des individus sans scrupules ni rigueur, qui, dissimulés derrière leurs écrans, s’érigent en pourfendeurs autoproclamés. Par l’invective, l’amalgame et la caricature, ils tentent de saper la cohésion nationale et de jeter l’opprobre sur des serviteurs de l’État dont l’engagement quotidien mérite respect.
Cette dérive n’est pas nouvelle. L’écrivain et intellectuel italien Umberto Eco mettait déjà en garde contre cette inflation de la parole irresponsable lorsqu’il déplorait que les réseaux sociaux aient donné « le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, auparavant, ne parlaient qu’au bar ». Une formule sévère, certes, mais qui illustre le danger d’une liberté d’expression dévoyée, dissociée de toute exigence de vérité et de sens du devoir civique.
La critique des institutions est légitime en démocratie. Mais elle doit s’appuyer sur des faits établis, des enquêtes sérieuses et une éthique minimale. À défaut, elle sombre dans la calomnie, alimente les clivages et dessert la République.
Face à la désinformation, la rigueur factuelle demeure la meilleure réponse. Et face aux polémistes éphémères, la solidité des institutions reste la plus éloquente des répliques.
Par un fonctionnaire de police
en poste au Ministère de la Sécurité
et de la Protection Civile
