Le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, au lieu de continuer à courir après des moulins à vent, tient là une occasion concrète de s’auto-saisir. Le tumulte qui secoue le Fonds national pour l’insertion des jeunes (FONIJ) arrive, pour ainsi dire, à point nommé.
D’un côté, si cette dame dit la vérité (voir fac-similés), il aurait l’opportunité de s’attaquer à l’un des problèmes récurrents de l’administration, à savoir le harcèlement, sous toutes ses formes, des femmes en milieu professionnel. Mieux encore, si, bien entendu, elle ne verse pas dans la diffamation, l’enquête pourrait également mettre au jour un nid douillet de détournements de fonds publics.

De l’autre côté, s’il s’agit plutôt d’une manœuvre de chantage ou d’accusations gratuites, il contribuerait alors à traiter cet autre fléau, celui de personnes qui se posent en victimes et portent des accusations infondées, comptant sur l’hypermédiatisation du féminisme pour nuire à des hommes qui ne leur auraient causé aucun préjudice. Ce serait aussi l’occasion, pour le directeur du FONIJ, qui essuie ces derniers temps de nombreuses critiques de la part des travailleurs de ce fonds chargé de l’insertion socioprofessionnelle et économique des jeunes, de se laver de toutes les accusations qui pleuvent sur sa tête.
Dans un cas comme dans l’autre, l’intervention du procureur général serait plus que bienvenue. Ainsi, s’il ne parvient pas à retrouver le journaliste, notre confrère Habib Marouane Camara, porté disparu ou enlevé, il pourrait au moins s’occuper de cette affaire bien visible qui, elle, ne manque ni de plaignants ni d’indices. Entre parenthèses, ceux qui publient devraient savoir qu’il existe un outil appelé « capture d’écran », qui, lui, ne disparaît pas, même lorsque la source est supprimée.
Fallou Doumbouya pourrait même, puisqu’une odeur d’argent flotte autour du FONIJ, se faire assister par le procureur spécial de la CRIEF, Aly Touré, qui accuse, arrête et cherche les preuves après. Pour la diligence, ce serait au moins ça de gagné.
Par Abdoulaye Sankara [Abou Maco]