Une deuxième attaque en 24 heures
Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué lundi 17 mars une deuxième attaque en mer Rouge contre le porte-avions américain USS Harry Truman, après avoir déjà affirmé l’avoir visé la veille. Selon leur communiqué publié sur Telegram, les Houthis ont utilisé des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones lors d’un engagement qui a duré plusieurs heures. Ils avaient prévenu qu’ils répondraient à « l’escalade par l’escalade » et menacent désormais de cibler les navires marchands américains tant que les États-Unis continueront leurs opérations militaires.
Washington reste silencieux, Pékin appelle au dialogue
Le commandement militaire américain n’a pas confirmé ces attaques ni signalé de dommages, se contentant de réaffirmer son engagement à combattre les « terroristes Houthis soutenus par l’Iran ». Face à cette escalade, la Chine a appelé lundi à la désescalade et au dialogue. « La Chine s’oppose à toute action qui aggrave la situation en mer Rouge », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Pékin, dont une partie importante du commerce avec l’Union européenne transite par cette zone, avait déjà condamné le « harcèlement » des navires civils l’an dernier.
L’ONU s’inquiète d’une déstabilisation régionale
Dimanche, l’ONU a également exprimé son inquiétude face à l’escalade militaire en mer Rouge. Le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, Stéphane Dujarric, a appelé à « la plus grande retenue » et à la cessation des activités militaires. « Toute nouvelle escalade pourrait exacerber les tensions régionales, alimenter des cycles de représailles et déstabiliser davantage le Yémen et la région », a-t-il averti.
Manifestations massives au Yémen
En réponse aux frappes américaines, des dizaines de milliers de Yéménites ont défilé lundi dans plusieurs villes, dont Sanaa, Saadah et Hodeida, pour protester contre les États-Unis et Israël. Brandissant des drapeaux yéménites et palestiniens, les manifestants scandaient « Mort à l’Amérique, mort à Israël ». Ces rassemblements font suite à l’appel du chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi, à manifester contre les frappes américaines qui ont fait au moins 53 morts, dont des civils, et une centaine de blessés ces derniers jours.
Un impact majeur sur le commerce international
Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen, représentent une menace sérieuse pour le commerce international. La majorité du trafic maritime mondial passe par la mer Rouge et le golfe d’Aden, des zones stratégiques désormais perturbées par les attaques répétées des rebelles. En réponse, les États-Unis ont mis en place une coalition navale multinationale et mené des frappes contre des cibles houthies au Yémen, parfois avec l’aide du Royaume-Uni.
Contexte régional : solidarité avec Gaza
Les Houthis, membres de l’« Axe de la résistance » pro-iranien, ont intensifié leurs attaques depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. En « solidarité avec les Palestiniens », ils ont ciblé des navires liés à Israël et lancé des missiles vers l’État hébreu. Bien que ces attaques aient cessé avec la trêve à Gaza en janvier, les Houthis ont annoncé le 11 mars leur intention de les reprendre après le refus d’Israël de permettre l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza.
Cette escalade militaire en mer Rouge soulève des inquiétudes majeures pour la stabilité régionale et le commerce international, alors que les appels à la désescalade se multiplient. Les Houthis, déterminés à défier les États-Unis et Israël, continuent de représenter une menace sérieuse dans cette zone stratégique.
