Conakry, 14 mars 2025 – Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a rendu publics ce vendredi les résultats de l’évaluation des partis politiques guinéens. Si certaines formations ont été autorisées à poursuivre leurs activités, d’autres ont été suspendues, dissoutes ou mises sous réserve. Parmi les partis frappés de suspension figurent deux poids lourds de la scène politique guinéenne : le Rassemblement du Peuple de Guinée-Arc-en-Ciel (RPG-AEC), ancien parti au pouvoir, et l’Union des Forces Républicaines (UFR), dirigé par l’ancien Premier ministre Sidya Touré.
Le RPG-AEC suspendu : une décision qualifiée de « provocation »
La suspension du RPG-AEC pour une durée de 90 jours a suscité de vives réactions au sein du parti. Aboubacar Demba Dansoko, membre du bureau politique du RPG-AEC, a qualifié cette décision de « faute grave » et de « provocation ».
« Nous n’avons pas encore eu de réunion autour de cette actualité. Hier, nous avons eu une réunion du bureau politique spécial avec les structures de base. Nous n’avons même pas été informés si le courrier d’invitation pour la restitution a été déposé chez nous. Personnellement, je pense que c’est une faute grave. Une structure illégale et illégitime ne peut pas suspendre une institution légalement constituée. Je pense que c’est une provocation et c’est contre la stabilité du pays », a-t-il déclaré.
L’UFR également touché
L’Union des Forces Républicaines (UFR), parti de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, fait également partie des formations suspendues. Cette décision, qui concerne l’un des principaux partis d’opposition, risque d’alimenter les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par des défis de gouvernance et de stabilité.
Une évaluation pour renforcer la transparence
Cette évaluation, menée par la Direction Nationale des Affaires Politiques et de l’Administration Électorale, vise à garantir que les partis politiques respectent les normes légales et réglementaires en vigueur. Les critères incluent notamment la régularité des déclarations financières, la représentativité territoriale et le respect des procédures administratives.
Les partis suspendus ont été informés des raisons précises de leur suspension et des mesures à prendre pour se conformer aux exigences légales. Une fois les manquements régularisés, ils pourront demander la levée de leur suspension et reprendre leurs activités.
Un paysage politique sous tension
La suspension de partis politiques majeurs comme le RPG-AEC et l’UFR soulève des questions sur l’équité et la transparence du processus d’évaluation. Pour certains observateurs, ces décisions pourraient être perçues comme une tentative de réduire l’influence des partis d’opposition, ce qui risquerait d’exacerber les tensions politiques.
En attendant, les partis suspendus devront se concentrer sur la régularisation de leurs manquements, tandis que les partis autorisés à poursuivre leurs activités ont été félicités pour leur conformité.
