Sékouba Konaté, ancien président de la transition de 2010, est sorti de son silence pour s’exprimer sur l’actualité politique guinéenne. Dans un entretien accordé à VoxAfrica, il a dressé un bilan très positif de la transition en cours et a affirmé son soutien à une éventuelle candidature du Général Mamadi Doumbouya à la présidentielle de 2025. Il a également saisi cette occasion pour réfuter fermement les accusations portées contre lui dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009.
Bilan élogieux de la Transition sous Mamadi Doumbouya
Concernant l’action du Général Mamadi Doumbouya à la tête du pays, Konaté a insisté sur les réalisations et les transformations observées sur le territoire, dressant un tableau très favorable de la période de transition qui tire à sa fin.
« Le Général Mamadi Doumbouya a réussi sur tous les points. Même après trois ans et demi de pouvoir, il faut voir que la Guinée est en chantier total. Les conditions de vie des Guinéens se sont améliorées. Il y a eu beaucoup de fonctionnaires recrutés dans la fonction publique. La Guinée est en chantier « , a-t-il déclaré, avant de souligner l’impact des changements dans la capitale, allant jusqu’à la comparer à une métropole occidentale :« Il doit se présenter parce que tout le monde a vu les trois ans-là, ce qu’il a pu faire. Il a changé complètement l’ossature de Conakry. Quand vous partez à Conakry, à l’heure-là, c’est comme petit Paris. »
Doumbouya, candidat si le Peuple le demande
Interrogé sur la possibilité de voir le Général Mamadi Doumbouya se présenter à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, Sékouba Konaté a rappelé un principe démocratique fondamental, affirmant que le serment initial du Chef de l’État ne devrait pas être un obstacle face à la volonté populaire.
« Vous savez, Abraham Lincoln l’a dit : la démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Donc tout revient au peuple de décider. La constitution qui a été adoptée… Maintenant, tout Guinéen qui prétend être candidat à l’élection présidentielle peut se présenter. Donc personne ne doit être exclu. Comme je l’ai dit, la démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Donc, le président Doumbouya, il doit écouter le peuple « , a-t-il lancé.
Pour l’ancien président de la transition, l’opinion du peuple prime sur les engagements précédents : « Quand les gens disent qu’il a prêté serment, mais ce n’est pas ça qui est important. Ce qui est important, c’est ce que le peuple va dire. C’est tout. Si le peuple dit présente-toi, il doit se présenter. Il ne doit même pas regarder de gauche à droite, non, ce n’est pas important. Maintenant, c’est les urnes qui vont départager les gens. Surtout, actuellement, il y a eu la constitution, tout Guinéen qui veut se présenter candidat à l’élection présidentielle peut le faire sans exception (…). »
Dossier du 28 Septembre 2009 et accusations de Dadis Camara
Konaté a également répondu aux accusations de son ancien compagnon du CNDD, Moussa Dadis Camara, dans le cadre du procès sur le massacre de 2009. Il a réfuté avec virulence toute implication personnelle dans les événements sanglants du stade.
« Ce sont des conneries qu’il (Dadis Camara) a racontées. Tout le monde sait que la prise du pouvoir par le CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement)… Moi, personnellement, je n’ai voulu occuper aucune fonction. Il y avait un deal entre lui et moi que j’ai respecté. Je lui ai dit que je ne voulais rien du pouvoir « , a-t-il révélé.
Au moment des faits, l’ancien chef de la force en attente de l’Union Africaine affirme qu’il était à plus de 1000 kilomètres de Conakry où les exactions ont été commises. « Le 28 septembre, je n’étais pas à Conakry. J’étais à plus de 1000 km de la capitale, j’ai fait Guéckédou, Macenta, N’Zérékoré. Je ne me suis mêlé ni de près ni de loin. »
Avec africaguinee.com
