Le suspense a pris fin ce lundi 3 mars 2025 : le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition au Gabon depuis la chute d’Ali Bongo en 2023, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2025. Dans un discours prononcé à Libreville devant une foule enthousiaste, il s’est présenté comme un « bâtisseur » déterminé à construire un Gabon prospère et moderne.
Une candidature attendue
« Après mûre réflexion, et en réponse à vos nombreux appels, j’ai décidé d’être candidat », a déclaré Brice Oligui Nguema, déclenchant une ovation de ses supporters qui ont scandé : « Oligui président ! ». Le général a exprimé sa volonté de poursuivre les réformes engagées depuis 18 mois et de construire un pays « plus résilient, plus moderne et en phase avec les aspirations des Gabonais ».
Débordant d’enthousiasme, il a harangué la foule : « Je suis prêt ! Prêt ! Prêt ! Prêt ! Prêt ! Prêt ! Prêt à présider aux destinées de notre pays ! Que le Seigneur nous apporte la sagesse et éloigne de notre chère nation les affres de la division pour que soit enfin notre sort vers la félicité ! Vive la cinquième république ! »
Des règles qui divisent
Depuis la signature de la charte de transition le 2 septembre 2023, les analystes politiques avaient anticipé la candidature de Brice Oligui Nguema. En effet, la charte stipule que seul le président de la transition est autorisé à se présenter à l’élection présidentielle, excluant ainsi d’autres figures de la transition, comme la présidente du Sénat Paulette Missambo.
De plus, la charte impose des conditions strictes pour être candidat : être âgé entre 35 et 70 ans, être né Gabonais d’au moins un parent gabonais, être marié à un(e) Gabonais(e) et résider au Gabon depuis au moins trois ans sans interruption. Ces règles excluent notamment Pierre Claver Maganga Moussavou, une figure politique gabonaise.
Un dernier verrou levé
Fin janvier 2025, un obstacle majeur à la candidature de Brice Oligui Nguema a été levé. Bien que les militaires aient promis de rendre le pouvoir aux civils, le code électoral adopté par le parlement permet désormais aux militaires de se présenter à la présidentielle s’ils démissionnent ou se mettent en disponibilité de l’armée. Cette modification ouvre la voie à la candidature du général, qui incarne désormais l’espoir d’une nouvelle ère pour le Gabon.
Un scrutin sous tension
Alors que les autorités promettent un renouvellement de la classe politique, l’opposition dénonce des règles électorales qui excluent de nombreux cadres politiques. Malgré ces critiques, Brice Oligui Nguema apparaît comme le favori de cette élection, porté par une base solide et une vision ambitieuse pour l’avenir du Gabon.
