Le colonel Claude Pivi, plus connu sous le surnom de « Coplan », est décédé ce mardi 6 janvier 2026 à Conakry, selon une annonce officielle du parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Sa mort met un terme définitif au parcours d’un homme dont le nom restera durablement associé à l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire contemporaine de la Guinée.
Ancien officier des Forces armées guinéennes, Claude Pivi fut longtemps un acteur central de l’appareil sécuritaire du pays, notamment durant les années troubles qui ont suivi la prise du pouvoir par la junte militaire en 2008. Officier redouté, parfois décrit comme un homme de terrain au tempérament dur, il incarnait pour beaucoup la brutalité d’un système sécuritaire sans contre-pouvoir effectif.
Mais son nom restera surtout lié au massacre du 28 septembre 2009, au cours duquel des centaines de manifestants furent tués, des femmes violées et des centaines de personnes blessées dans l’enceinte du stade du même nom, à Conakry. Ces événements, largement documentés par les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, ont profondément marqué la conscience collective guinéenne.
À l’issue d’un procès historique, tenu après de longues années d’attente, Claude Pivi avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans ces crimes. Cette condamnation avait été saluée par les victimes et leurs familles comme une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité en Guinée, même si elle ne pouvait effacer les souffrances endurées.
La mort de Claude Pivi intervient alors qu’il purgeait sa peine, refermant ainsi un chapitre judiciaire sans clore pour autant le travail de mémoire et de justice autour des événements du 28 septembre 2009. Pour les victimes, ce décès ne saurait constituer une réparation, mais il rappelle l’importance de préserver la vérité historique et de poursuivre les efforts visant à garantir que de tels drames ne se reproduisent plus.

Par Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com