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Guinée : la répression pousse les voix dissidentes à l’exil

Depuis la manifestation du 28 juillet 2022, la scène politique guinéenne vit au rythme des départs forcés.
Militants, activistes, cadres politiques : nombreux sont ceux qui ont quitté le pays, fuyant les arrestations arbitraires et les violences récurrentes.

Le cas de Mamadou Lamarana Diallo, jeune membre du bureau des jeunes de l’UFDG chargé de la mobilisation dans la section de Sonfonia, federation de Ratoma 3 dans la commune de Ratoma, illustre ce climat de peur qui s’est installé.

Engagé depuis 2017 pour la démocratie et les droits humains, Lamarana a participé à plusieurs manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).

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Le 28 juillet 2022, lors d’une mobilisation contre la gestion de la transition, il est violemment pris pour cible.

Des militaires cagoulés ont fait irruption chez lui à une heure du matin. Ils ont cassé la porte, l’ont battu jusqu’à lui casser le pied avant de l’embarquer.
Détenu cinq jours à la brigade de recherche de Matam sans avocat ni visite, il parvient à s’évader après avoir versé plusieurs millions de francs guinéens.

S’ensuit une longue fuite à travers le pays, caché pendant de nombreux mois dans un magasin isolé à Labé, soignant seul sa blessure et vivant dans la peur d’être repris.

Son histoire rappelle celles de nombreux militants de l’UFDG et du FNDC aujourd’hui en exil : Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno… Tous ont quitté la Guinée pour échapper à la répression politique.

Des années après la prise du pouvoir par le CNRD, les promesses d’un apaisement politique semblent s’être éloignées. Arrestations, harcèlements, interdictions de manifestations…

Le pays peine à trouver l’équilibre entre autorité et liberté, entre transition et ouverture.
Marcel Loua, pour lesfaits224.com

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