Site icon Les faits 224

Guinée : lancement des travaux pour la relecture de la nouvelle Constitution

Les travaux du comité des experts chargé de la relecture finale de l’avant-projet de la nouvelle Constitution ont été officiellement lancés ce jeudi 6 mars 2025 à Conakry. Ce comité, composé de spécialistes en DroitÉconomieSociologieAnthropologie et autres domaines, a été présenté aux membres du Conseil National de la Transition (CNRD), aux médias et aux conseillers de l’institution législative de la Transition. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des annonces faites par le président Mamadi Doumbouya en début d’année, promettant un processus inclusif et participatif pour l’élaboration de la nouvelle Constitution.

Un processus inclusif et rigoureux

Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yaya Khairaba Kaba, a souligné l’importance de ce projet constitutionnel. « L’histoire récente de la Guinée a démontré que l’élaboration d’une Constitution ne peut se limiter à une simple formalité juridique ou institutionnelle. Très souvent, les textes fondamentaux de la République de Guinée ont été élaborés sans une adhésion véritable du peuple, ce qui a conduit à des crises de légitimité et d’instabilité. Aujourd’hui, nous faisons face à un exercice inédit, inclusif et participatif », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que cette nouvelle Constitution diffère profondément des précédentes, car elle est le fruit d’un effort collectif impliquant toutes les couches sociales et les forces vives de la nation. « C’est une Constitution fondée sur l’inclusion qui prend en compte les aspirations les plus profondes du peuple de Guinée. Elle est le résultat de nombreuses initiatives de concertation et de réflexion, ainsi que d’un effort d’explication et d’appropriation du texte », a-t-il expliqué.

Publicité disponible

Une démarche méthodique et participative

Le Général Amara Camara, ministre secrétaire général à la Présidence de la République, a également pris la parole pour souligner que ce projet constitutionnel est le fruit d’un travail acharné et d’une volonté commune. « Le Conseil National de la Transition, en tant qu’organe parlementaire, a pris la responsabilité de conduire ce processus, conscient des enjeux. Sous la vision éclairée du président Mamadi Doumbouya, nos conseillers nationaux ont parcouru notre vaste territoire pour recenser les opinions et les souhaits de notre peuple. Ils ont écouté les aspirations les plus profondes de nos concitoyens », a-t-il déclaré.

Il a également rendu hommage aux conseillers nationaux et à tous les acteurs qui ont contribué à ce travail colossal. « Votre engagement et votre dévouement envers notre Nation méritent notre plus grande reconnaissance. Vous avez fait preuve d’une détermination remarquable, d’une volonté inébranlable de forger un avenir meilleur pour notre Guinée », a-t-il affirmé.

Un panel d’experts multidisciplinaire

Le président du Conseil National de la Transition (CNT)Dr. Dansa Kourouma, a précisé que ce panel d’experts n’est pas uniquement composé de juristes. « Par déformation, nous avons toujours l’impression que la Constitution est un problème de juristes. Les juristes jouent un rôle essentiel dans l’écriture, l’interprétation et l’application des textes constitutionnels, mais la conception d’une Constitution est l’affaire de toutes et de tous », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que le comité comprend également des experts en finances publiques, en gestion budgétaire et en interprétation des textes juridiques. « Ces connaissances permettront de mettre en place des mécanismes pour assurer un processus budgétaire transparent et conforme aux normes les plus récentes en matière de gestion des finances publiques », a-t-il déclaré.

Un travail de réélecture, pas de réécriture

Dr. Dansa Kourouma a également clarifié la mission du comité. « Il ne s’agit pas d’un travail de réécriture d’une Constitution, mais d’un travail de réélecture. La précision de la mission détermine son succès et son efficacité. Avant que le peuple ne soit saisi pour le référendum, le texte doit revenir au CNT pour qu’une plénière en bonne et due forme puisse approuver l’ensemble des contributions formulées par les experts et les différentes composantes de notre société », a-t-il conclu.

Quitter la version mobile