CONAKRY – Le gouvernement guinéen a franchi une étape majeure dans la modernisation de son système d’identification nationale. Ce lundi 14 avril 2025, le président Mamadi Doumbouya a promulgué un décret, lu à la télévision nationale, fixant les règles de création, de gestion et de conservation du Numéro Personnel d’Identification (NPI). Une mesure destinée à centraliser et sécuriser les données des citoyens, mais qui soulève aussi des questions sur son implémentation et ses implications.
🔹 Un identifiant unique et immuable
L’Article 2 du décret stipule que tous les Guinéens se verront attribuer un NPI composé de 18 caractères alphanumériques dès leur naissance, via l’acte de naissance. Pour les étrangers résidant en Guinée, l’obtention se fera lors de leur inscription au Registre National des Personnes Physiques (RNPP).
« Ce numéro sert de référence universelle pour identifier une personne physique dans toutes les procédures administratives, juridiques ou fiscales », précise le texte.
L’Article 4 insiste sur le caractère permanent et non transférable du NPI : une fois attribué, il ne pourra ni être modifié, ni réutilisé, même après le décès de l’individu.
🔹 Qui gère le NPI ?
Selon l’Article 3, c’est l’autorité en charge de l’état civil et de l’identification des personnes physiques qui sera responsable de :
- La création du NPI,
- Sa gestion (mises à jour, corrections),
- Sa conservation (protection des données).
🔹 Structure du NPI : décryptage technique
L’Article 6 détaille la composition complexe du NPI, qui intègre :
- 13 chiffres (dont des données biographiques et géographiques),
- 3 lettres,
- 2 chiffres de clé de contrôle (vérifiant l’authenticité du numéro).
Les 3 catégories de valeurs encodées :
- Données biographiques :
- Sexe (1 pour homme, 2 pour femme),
- Année (AA) et mois (MM) de naissance.
- Données géographiques :
- Lieu de naissance (préfecture PPP, commune CC, quartier QQ),
- Code région (RRR) ou code pays (LLL) pour les Guinéens nés à l’étranger.
- Valeurs aléatoires :
- 4 chiffres pour les personnes nées en Guinée,
- 5 chiffres pour celles nées hors du territoire.
« La clé de contrôle, calculée sur les 16 premiers caractères, garantit l’intégrité du NPI », explique le décret.
🔹 Un numéro ≠ une preuve de nationalité
L’Article 5 rappelle que le NPI ne confirme pas la nationalité guinéenne, bien qu’il figurera sur tous les documents d’identité officiels. Une nuance importante dans un contexte où l’identification des citoyens reste un enjeu politique.
