Face à la prolifération inquiétante du trafic de produits pétroliers en Haute-Guinée, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Kankan, Monsieur Marwane Baldé, vient de frapper un grand coup. Dans un communiqué ferme et minutieusement charpenté, le haut magistrat instaure une véritable doctrine de tolérance zéro contre les réseaux clandestins qui gangrènent le secteur des hydrocarbures dans la région.
Un constat alarmant, une réponse à la hauteur
Le Parquet Général a été alerté sur l’ampleur préoccupante d’un phénomène qui ne relève plus du simple fait divers : le stockage et la commercialisation illicites de carburant dans des conditions mettant en péril la sécurité des populations, mais aussi l’implication trouble de certains gérants de stations-service, véritables portes d’entrée vers les circuits frauduleux. Un constat que le Procureur Général qualifie sans détour de menace à l’ordre public, à la sécurité collective et à l’économie nationale.
Plutôt que de se contenter d’un simple rappel à l’ordre, Marwane Baldé a choisi la voie de l’action structurée, s’appuyant sur les articles 41, 42 et 43 du Code de procédure pénale relatifs à la conduite de la politique pénale, pour ériger une instruction en sept points d’une rigueur remarquable.
Sept axes pour démanteler les réseaux
L’instruction du Procureur Général ne laisse rien au hasard. Elle prévoit :
- l’ouverture systématique d’enquêtes pour tout fait de transport, stockage, détention ou vente illicite de produits pétroliers ;
- l’extension des investigations à l’ensemble de la chaîne de complicité : fournisseurs, transporteurs, intermédiaires, receleurs et gérants négligents ou complaisants ;
- la saisie et la mise sous main de justice des produits, véhicules et matériels ayant servi à ces trafics, en vue de leur confiscation ;
- une coordination renforcée entre parquets, justices de paix, police, gendarmerie, douane et services techniques compétents ;
- une célérité affirmée dans la conduite des poursuites, avec des réquisitions à la mesure de la gravité des faits ;
- une surveillance accrue des stations-service suspectées de nourrir les réseaux clandestins ;
- un compte-rendu périodique exigé de chaque procureur et juge de paix du ressort, garantissant un suivi rigoureux de l’exécution de ces instructions.
Une fermeté qui force le respect
En attachant, selon ses propres termes, une importance à la stricte exécution de ces instructions, le Procureur Général Marwane Baldé démontre une volonté sans équivoque de rompre avec l’impunité qui a longtemps entouré ce fléau. Cette initiative traduit une vision claire de la justice comme rempart contre les atteintes à la sécurité et à l’économie des populations de Haute-Guinée.
En exigeant une remontée régulière d’informations – enquêtes ouvertes, personnes interpellées, quantités saisies, état des poursuites – le magistrat s’assure que ses directives ne resteront pas lettre morte, mais se traduiront par des résultats concrets et vérifiables sur le terrain.
À l’heure où les populations de Kankan et de la Haute-Guinée subissent les conséquences directes de ces trafics – pénuries provoquées, risques d’incendie, flambée des prix parallèles – cette instruction ferme et méthodique du Parquet Général apparaît comme un signal fort : celui d’une justice déterminée à protéger les citoyens et à restaurer l’autorité de l’État sur un secteur trop longtemps livré aux réseaux clandestins.
Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com
