Il existe des personnages qui, à force de vouloir exister dans le débat public, finissent par s’y perdre. La récente tribune de David Béavogui contre le décret D2025/0261/PRG/SGG, nommant Marwane Baldé comme Procureur Général de la Cour d’appel de Kankan, en est une illustration presque cinématographique.
Dans Wishmaster, un démon déguisé en avocat prétend exaucer les vœux de ses clients, tout en les précipitant dans leur perte. Toute ressemblance avec les commentaires juridiques de David Béavogui ne serait évidemment que fortuite.
Parler de « renversement de pyramide » à propos d’un décret présidentiel, c’est déjà révéler une pyramide conceptuelle sérieusement ébranlée. Car enfin, depuis quand le Président de la République demande-t-il l’aval des réseaux sociaux ou des tribunes farfelues pour exercer un pouvoir que la Constitution lui reconnaît pleinement ?
Le Président de la République nomme. Il n’explique pas ses décisions à des polémistes. C’est cela, l’État.
L’ironie atteint son sommet lorsque David Béavogui convoque la sagesse, pour mieux en manquer. Car la sagesse commence souvent par le silence, surtout lorsque la réflexion n’a pas précédé la parole. Mettre en cause la maturité professionnelle de Marwane Baldé, magistrat respecté, sans arguments consistants, relève de la pure incantation.
C’est une manœuvre trop grossière. Ce que, depuis l’affectation du magistrat Algassimou Diallo comme Procureur à N’Zérékoré, certains esprits semblent agités, comme si cette mutation était une offense personnelle. On envoie alors des émissaires, des plumes mal affûtées, pour mener des combats qui n’en valent pas la peine.
À chaque fois qu’on délègue la contestation à des relais médiatiques et à des voix peu crédibles, le masque tombe un peu plus. Ce qui devait affaiblir Marwane Baldé ne fait que renforcer son image, tandis que ses détracteurs s’enferment dans une agitation stérile.
Au demeurant, être affecté à N’Zérékoré ne relève ni d’une punition ni d’un danger. Faut-il encore le rappeler ? N’Zérékoré est une juridiction de la République de Guinée. Y servir est un devoir républicain, non une disgrâce.
Et pendant que certains s’agitent, confondant mutation et sanction, la justice, elle, poursuit sa marche.
Mais, comme on dit… le diable travaille dur. Parfois trop dur. Et souvent contre ses propres intérêts. À fakoudou !
Par Sambégou Diallo