Le Sénégal épinglé pour une dette dissimulée
Le Fonds Monétaire International (FMI) a officiellement confirmé, ce lundi 24 mars 2025, l’existence d’une dette cachée de 7 milliards de dollars accumulée par le Sénégal entre 2019 et 2024, sous la présidence de Macky Sall. Cette révélation fait suite au rapport accablant de la Cour des Comptes sénégalaise publié en février dernier.
Un précédent lourd de conséquences
Le FMI, garant de la transparence financière des États, sanctionne systématiquement les pays qui dissimulent leur endettement. En 2016, le Mozambique s’était vu priver d’aide budgétaire après la découverte de 2 milliards de dollars de dettes secrètes, dont une partie avait été détournée. Les versements n’ont repris qu’en 2024, après des années de gel.
Au Congo-Brazzaville, une dette opaque de 3 milliards de dollars, liée à des préfinancements pétroliers et à des soupçons de corruption, avait également provoqué l’intervention du FMI en 2018. L’institution avait alors conditionné son aide à des réformes de gouvernance, sous l’influence d’experts comme Dominique Strauss-Kahn et Mathieu Pigasse.
Quelles sanctions pour le Sénégal ?
Le FMI pourrait suspendre ses financements ou exiger des mesures drastiques pour rétablir la confiance. La dette cachée sénégalaise, dont l’origine reste à clarifier, pourrait alourdir une situation économique déjà tendue, alors que le pays cherche à relancer sa croissance.
« Ces pratiques sapent la crédibilité financière des États et compromettent leur capacité à rembourser », a rappelé une source proche du FMI. Dakar devra maintenant justifier ces emprunts occultes et prendre des engagements pour éviter des sanctions sévères.
