Au Sénégal, le gouvernement a répondu à l’ancien président Macky Sall après que ce dernier a dénoncé un « procédé politique » concernant un rapport de la Cour des comptes mettant en cause sa gestion des finances publiques. Moustapha Ndiack Sarré, ministre et porte-parole du gouvernement, a affirmé que Macky Sall, président de 2012 à 2024, « fera face à la justice » et pourrait être « considéré comme le chef de gang qui a commis des actes criminels ». Des propos qui ont suscité de vives réactions.
Des accusations graves
Le gouvernement sénégalais accuse Macky Sall d’être responsable des « faux chiffres » révélés dans un récent rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques durant son second mandat. « Inévitablement, il fera face à la justice. Il est le premier responsable d’actes extrêmement graves qui ont été posés », a déclaré Moustapha Ndiack Sarré sur la radio privée RFM. Le ministre a ajouté : « Je ne lui donne pas de circonstances atténuantes. Tout ce qui s’est passé s’est passé sous ses ordres. On peut même le considérer comme le chef de gang qui a commis des actes criminels. Des poursuites judiciaires ne sauraient être évitées. »
Une première historique ?
Si des poursuites sont engagées contre Macky Sall, ce serait la première fois qu’un ancien chef d’État sénégalais est traduit en justice pour des faits liés à ses fonctions, depuis l’indépendance du pays en 1960. Cette situation marquerait un tournant dans l’histoire politique du Sénégal, souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest.
La défense de Macky Sall
Jeudi 27 février, Macky Sall, actuellement installé au Maroc, a réagi à ces accusations en dénonçant dans Jeune Afrique un « procédé politique ». Il a également affirmé « n’avoir peur de rien concernant d’éventuelles poursuites ». L’ancien président conteste les conclusions du rapport de la Cour des comptes publié le 12 février, qui met en lumière des irrégularités dans la gestion des finances publiques sous son mandat.
Un climat politique tendu
Ces accusations interviennent dans un contexte politique tendu au Sénégal, où la transparence et la bonne gouvernance sont des sujets sensibles. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, semble déterminé à poursuivre les responsables de malversations financières, y compris les plus hauts dirigeants. Cette affaire pourrait avoir des répercussions majeures sur la scène politique sénégalaise, en renforçant les attentes des citoyens en matière de redevabilité et de lutte contre la corruption.