Le destin, parfois, écrit ses tragédies avec une cruauté implacable. Ce mercredi 8 avril 2026, à Gomboyah, dans la commune urbaine de Manéah, deux frères de lait ont perdu la vie dans un accident de la circulation alors qu’ils étaient partis chercher des médicaments pour leur mère malade. Ils avaient quitté leur domicile à l’aube avec une mission simple, presque banale : soulager celle qui leur a donné la vie. Quelques heures plus tard, c’est la mort qui les attendait sur la route.
Pascal Joseph Doré, 22 ans, et son jeune frère Naby Laye, 18 ans, circulaient à moto en direction de Somaya, dans la préfecture de Coyah, lorsqu’ils sont entrés en collision avec un camion-remorque au niveau du carrefour « Emballage », un axe tristement réputé pour sa dangerosité. Le choc leur a été fatal.

À Coronthie, dans la commune de Kaloum où réside la famille, l’émotion est indescriptible. Leur mère, Élisabeth Dipuy, institutrice, peine encore à réaliser l’ampleur du drame. Souffrante, elle les avait envoyés acheter ses médicaments après une crise survenue à l’école. Ce matin-là, Pascal était rentré à 6 heures, avait réveillé son frère, puis tous deux étaient repartis avec l’ordonnance et l’argent nécessaire. Mais au moment de leur départ, un pressentiment lourd avait envahi leur mère, comme un avertissement silencieux que rien ne pouvait encore expliquer.
L’attente s’est transformée en angoisse, puis en cauchemar. Lorsque les voisins ont commencé à affluer, les visages fermés, les murmures étouffés, elle a compris que quelque chose n’allait pas. Et puis, cette phrase, terrible, irréversible : ses deux enfants étaient morts. Ceux-là mêmes qui étaient partis lui sauver la vie ne reviendraient plus.
Dans cette tragédie, la vie et la mort se sont croisées dans un cruel renversement des rôles. La mère, malade, est toujours en vie. Les fils, porteurs d’espoir, ont vu le leur s’arrêter net sur le bitume. À chacun son destin, dit-on. Mais certains destins ont le goût amer de l’injustice et laissent derrière eux des silences que même les larmes ne peuvent combler.
Ce drame relance une fois de plus la question de la sécurité routière sur les axes périphériques de Conakry, où les accidents mortels se multiplient. Mais au-delà des chiffres et des constats, il y a des vies brisées, des familles anéanties, et des mères condamnées à vivre avec l’absence de ceux qui, un matin, étaient simplement sortis pour elles.
Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com