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Mines: l’impératif de la transformation locale

Malgré un sous-sol qualifié de « scandale géologique », la Guinée fait face à un paradoxe persistant : elle est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de matières premières, mais capte une part minime de la chaîne de valeur. Aujourd’hui, sous l’impulsion des autorités de transition et face à la réalité des marchés mondiaux, la mise en place de raffineries est devenue une nécessité existentielle.

1. Capturer la valeur ajoutée : L’exemple de la bauxite
La Guinée détient les premières réserves mondiales de bauxite. Pourtant, le cours de la bauxite brute reste bas (environ 35 à 60 USD la tonne selon les cours, la qualité et le marché). En transformant cette bauxite en alumine, le prix à la tonne est multiplié par 8 ou 10. Si le pays parvenait à produire de l’aluminium, la valeur grimperait à plus de 2 500 USD la tonne. Sans raffineries, le pays exporte littéralement son potentiel de croissance et ses emplois. Ce, sans compter les terres rares gratuitement données aux multinationales.

2. Souveraineté et contrôle des ressources (Or et Fer)

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L’Or : Actuellement, une grande partie de l’or guinéen est affinée à l’étranger (notamment à Dubaï ou en Suisse). L’implantation d’une raffinerie nationale permettrait non seulement de certifier l’origine « Or de Guinée », mais aussi de constituer des réserves de change solides pour la Banque Centrale.
Le Fer (Simandou) : Avec le mégaprojet Simandou, la Guinée va devenir un acteur majeur du fer. Les décideurs insistent désormais sur la création d’aciéries locales. Exporter de l’acier plutôt que du minerai de fer brut permettrait de fournir les chantiers d’infrastructures nationaux à moindre coût tout en exportant un produit fini à haute valeur technologique.

3. La pression des décideurs et le cadre légal
Le gouvernement guinéen a durci le ton auprès des compagnies minières. Le message est clair : l’octroi de licences d’exploitation est désormais conditionné à des engagements fermes de construction de raffineries.

Injonctions de 2022 : Les autorités ont fixé des ultimatums aux géants de la bauxite pour présenter des calendriers de construction d’aluminerie.
Mutualisation : Face aux coûts énergétiques et financiers élevés, l’État encourage la mutualisation des infrastructures entre les différents opérateurs miniers.

4. Les défis à relever
Pour que ce rêve industriel devienne réalité, deux obstacles majeurs doivent être surmontés :

L’énergie : Transformer les minerais demande une puissance électrique colossale que les barrages actuels (Souapiti, Kaléta) ne peuvent encore sécuriser pour l’industrie.
Le capital humain : Former une main-d’œuvre locale capable de piloter des usines de haute précision.

Bref, la Guinée ne peut plus se contenter d’être un simple réservoir de matières premières pour les industries asiatiques et européennes. La transformation locale est le seul levier capable de transformer les chiffres de croissance du PIB en développement réel pour les populations.
Marcel Loua pour lesfaits224.com

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