
Conakry, 7 août 2025 – Les temps sont durs pour l’Office Guinéen de Publicité (OGP). Réuni en session extraordinaire à Taouyah, le Conseil d’Administration a validé les états financiers 2024, marqués par une perte abyssale de 42 milliards de francs guinéens selon le rapport du Commissaire aux comptes. Un bilan qualifié de « douloureux » par plusieurs administrateurs, qui pose deux scénarios : la dissolution pure et simple de l’entreprise dans les quatre mois ou une recapitalisation par l’actionnaire principal dans les deux années à venir.
Mais plutôt que de céder à la fatalité, l’OGP a choisi la voie du combat. Sous la présidence de Thierno Mamadou Bah, PCA et conseiller personnel du Chef de l’État, un ambitieux plan de relance a été enclenché, avec pour cap : tourner définitivement la page des errements du passé.

Héritage lourd, volonté forte
Face aux chiffres, Aladji Cellou Camara, Directeur Général de l’OGP depuis fin 2024, n’a pas cherché à minimiser l’ampleur des dégâts :
« Les états financiers que nous avons validés ne sont pas satisfaisants. Nous avons trouvé une institution fragilisée, mais nous avons immédiatement entamé un travail de fond pour amorcer une sortie de crise. »
En quelques mois, il a mis en branle un plan de redressement fondé sur la mobilisation des équipes, la rationalisation des dépenses et la recherche de nouvelles sources de revenus. Objectif : redonner à l’OGP son rôle stratégique dans l’économie guinéenne, en assurant une meilleure gestion des ressources et une valorisation optimale de la publicité publique.
Soutien politique affirmé
Le Directeur Général peut compter sur un soutien politique de poids. Le Président de la République, Général Mamadi Doumbouya, suit de près le dossier et encourage les réformes. Tout comme le Premier ministre Amadou Oury Bah qui est d’un appui constant pour la relance de l’OGP. 
Le ministre de l’Information et de la Communication, Fana Soumah, reconnu pour son sérieux et son professionnalisme même par ses adversaires, veille à ce que l’OGP bénéficie de l’accompagnement nécessaire.
François Gono Condé, membre du CA et chef de cabinet du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, a salué la dynamique actuelle :
« Il a été question pour nous de faire le point sur la situation de l’OGP, de comprendre d’où nous venons et où nous allons. Malgré les difficultés héritées du passé, il y a une volonté manifeste d’aller de l’avant. »
Deux ans pour renaître
La feuille de route est claire : stabiliser l’institution à court terme, puis la recapitaliser pour lui redonner des marges de manœuvre. L’échéance est serrée, mais la direction se veut optimiste :
« Ce n’est pas une mission facile, mais nous restons confiants dans notre capacité à réussir avec l’appui du Conseil d’Administration, des ministres de tutelle et de la Présidence », a conclu Aladji Cellou Camara.
Dans un contexte où chaque franc guinéen compte, l’OGP joue sa survie, mais aussi sa crédibilité. La bataille pour sa renaissance ne fait que commencer.
Sambégou Diallo
