Lors de l’installation de la nouvelle direction générale de l’OGP, la section syndicale a énuméré les acquis de l’administration sortante. Une mise au point utile, alors que le motif réel du départ de l’ex-directeur général continue d’être travesti.
La cérémonie d’installation de Mohamed Bangoura «Bang’s» et de son adjoint Alya Camara, à la tête de l’Office guinéen de publicité, aurait dû être une simple passation. Elle a aussi servi de bilan. Prenant la parole au nom de la délégation syndicale, son représentant Charles Mohamed Kolié a salué, devant l’assistance, plusieurs acquis de l’administration sortante : le versement régulier des salaires, l’apurement des arriérés de 2024, le paiement des cotisations à la CNSS, l’acquisition d’un bâtiment R+6 et le renforcement de la logistique de terrain.
Ces propos viennent des travailleurs eux-mêmes, premiers concernés par la santé de l’institution. Le syndicat s’est pourtant gardé de citer le nom de celui à qui ces résultats sont attribuables : Aladji Cellou Camara.
Un héritage lourd, des résultats mesurables
Rappelons le point de départ. Nommé le 20 décembre 2024, Aladji Cellou Camara avait trouvé un établissement en crise avec 124 000 FG dans le compte. Selon les données rendues publiques, l’équipe sortante a hérité de près de 80 milliards de FG de dettes et de six mois d’arriérés de salaires, conformément au procès-verbal de passation de service.
En dix-huit mois, 14 milliards de FG de dettes anciennes ont été apurés auprès des fournisseurs et au titre des arriérés de rémunération, et 14 milliards de taxes reversés au Trésor public. La trésorerie disponible était estimée à 13 milliards de francs guinéens au 30 juin 2026, soit plus de six fois le capital social de l’Office.
Sur le terrain, un recensement exhaustif des panneaux publicitaires du territoire a été réalisé pour la première fois depuis 1986, avec géolocalisation et digitalisation, et une cinquantaine de motos ont été mises à la disposition des agences pour le recouvrement des redevances.
Bref, ce bilan éloquent se résume en quelques volets tangibles et rayonnants: le paiement des dettes contractées sous le prédécesseur, ainsi que le règlement régulier des impôts, notamment les taxes dues à l’État et les ristournes aux communes. Nos investigations montrent qu’Aladji Cellou Camara est le seul directeur de l’OGP depuis dix ans à n’avoir pas endetté l’entreprise.

Un limogeage sans rapport avec la gestion
Une certaine presse présente le départ d’Aladji Cellou Camara comme la sanction d’une « mauvaise gestion ». Cette lecture ne résiste pas aux faits. Les chiffres plaident à eux seuls contre elle, et le syndicat vient de le confirmer devant la nouvelle direction.
Notre enquête établit que le véritable motif de son éviction est ailleurs : une mauvaise cohabitation avec son adjoint, Alya Sylla alias « Jeannot Koumbassa ». Une querelle de personnes au sommet d’une institution, et non un échec de gestion.
Il est à noter que l’ancien directeur général fait par ailleurs l’objet d’une procédure judiciaire, dont les suites relèvent de la seule justice. Cette procédure est distincte du bilan de gestion examiné ici. Jusqu’à décision définitive, la présomption d’innocence demeure.
Le dossier des 200 recrues : où chercher les responsables
Autre sujet de discorde : les agents recrutés. D’après nos informations, 200 agents ont été irrégulièrement enrôlés par Mandian Sidibé et les premiers bulletins de salaire émis, sans que ces agents n’aient jamais été rémunérés (voir fac-similé). Pendant les dix-huit mois d’AladjiCellouCamara, malgré les démarches, les ministères chargés d’exécuter les instructions du chef de l’État pour leur intégration à la Fonction publique (Budget, Fonction publique, Finances) n’ont pas donné suite. C’est vers ces départements qu’il faut se tourner pour comprendre le blocage, et non vers la direction de l’OGP.
Rétablir la hiérarchie des faits
Un bilan se juge sur des faits vérifiables : des salaires versés, des arriérés apurés, des cotisations sociales payées, des taxes reversées, un patrimoine immobilier acquis. Sur chacun de ces points, les travailleurs de l’OGP eux-mêmes ont rendu un témoignage public.
À la presse de s’en tenir à ce qui est établi, et de laisser à la justice ce qui relève d’elle.
Par Sambégou Diallo