Les faits 224

OGP : le syndicat vante le bilan d’Aladji Cellou

S’il y avait bien un « absent-présent » lors de l’installation de la nouvelle direction générale de l’OGP, c’est bien Aladji Cellou. Et pour cause : la section syndicale, sans le citer nommément, a énuméré les acquis qu’il a réussi à poser en 18 mois de gestion.

La cérémonie d’installation de Mohamed Bangoura «Bang’s» et de son adjoint Alya Camara, à la tête de l’Office guinéen de publicité, aurait dû être une simple passation. Elle a aussi servi de bilan. Prenant la parole au nom de la délégation syndicale, son représentant Charles Mohamed Kolié a salué, devant l’assistance, plusieurs acquis de l’administration sortante.
« À l’occasion de cette passation de service, la délégation syndicale tient à saluer le bilan et les acquis concrets de la Direction sortante. Durant ces un an et 6 mois de gestion, des efforts remarquables ont été accomplis pour le bien-être du personnel.
L’histoire retiendra notamment:
– Le paiement régulier des salaires,
– L’apurement des arriérés de 2024,
– Le versement des cotisations CNSS,
– La location d’un immeuble moderne de six étages.
– L’amélioration de notre logistique de terrain avec deux pick-up et des motos neuves. Etc. Pour ces sacrifices consentis en faveur de notre stabilité, nous vous disons un grand merci. »

Ces propos viennent des travailleurs eux-mêmes, premiers concernés par la santé de l’institution. Même si le syndicat s’est gardé de citer le nom de celui à qui ces résultats sont attribuables : Aladji Cellou Camara.

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Un héritage lourd, des résultats mesurables
Rappelons le point de départ. Nommé le 20 décembre 2024, Aladji Cellou Camara avait trouvé un établissement en crise avec 146 000 FG dans les caisses. Selon les données rendues publiques, l’équipe sortante a hérité de près de 80 milliards de FG de dettes et de six mois d’arriérés de salaires, conformément au procès-verbal de passation de service.

En dix-huit mois, 14 milliards de FG de dettes anciennes ont été apurées auprès des fournisseurs et au titre des arriérés de rémunération, et 14 milliards de taxes reversés aux impôts. La trésorerie disponible était estimée à 13 milliards de francs guinéens au 30 juin 2026, date de départ d’Aladji Cellou, soit plus de six fois le capital social de l’Office.

Sur le terrain, un recensement exhaustif de l’ensemble des panneaux publicitaires a été réalisé pour la première fois depuis 1986, avec géolocalisation et digitalisation, et une cinquantaine de motos ont été mises à la disposition des agences pour le recouvrement des redevances.

Bref, ce bilan éloquent se résume en quelques volets tangibles et rayonnants: le paiement des dettes contractées sous le prédécesseur, ainsi que le règlement régulier des impôts, notamment les taxes dues à l’État et les ristournes aux communes. Nos investigations montrent que Aladji Cellou Camara est le seul directeur de l’OGP depuis dix ans à n’avoir pas endetté l’entreprise.

Un limogeage sans rapport avec la gestion
Une certaine presse présente le départ de Aladji Cellou Camara comme la sanction d’une « mauvaise gestion ». Cette lecture ne résiste ni aux faits ni au décret du chef de l’État. Les chiffres plaident à eux seuls contre elle, et le syndicat vient de le confirmer devant la nouvelle direction.

Notre enquête établit que le véritable motif de son éviction est ailleurs : une mauvaise cohabitation avec son adjoint, Jean-Marie Soriba Coumbassa, plusieurs fois sanctionné par sa hiérarchie pour des manquements graves à ses obligations .

Frappé du même bâton que celui qui est venu l’agresser dans son bureau fin juin 2026, l’ancien directeur général fait par ailleurs l’objet d’une procédure judiciaire. Jusqu’à décision définitive, la présomption d’innocence demeure.

Le dossier des 200 recrues : où chercher les responsables
Autre sujet de discorde : les agents recrutés entre 2021 et 2022. D’après nos informations, à sa prise de fonction, Aladji Cellou avait du chef de l’État, l’enrôlement de 200 agents à la Fonction publique et les premiers bulletins de salaire émis dès février, sans que ces agents n’aient jamais été rémunérés (voir fac-similé). Pendant les dix-huit mois de gestion d’Aladji Cellou Camara, malgré de nombreuses démarches, les ministères chargés d’exécuter les instructions du chef de l’État pour l’intégration effective de ces agents à la Fonction publique (Budget, Fonction publique, Finances) n’ont pas donné suite. C’est donc vers ces départements qu’il faut se tourner pour comprendre le blocage.

Rétablir la hiérarchie des faits
Un bilan se juge sur des faits vérifiables : des salaires versés, des arriérés apurés, des cotisations sociales payées, des taxes reversées, un patrimoine immobilier acquis. Sur chacun de ces points, les travailleurs de l’OGP eux-mêmes ont rendu un témoignage public.
Pour le reste, chacun sait que la défaite est orpheline : Aladji Cellou n’échappe pas au destin de ceux qui ont servi et qui n’ont pas été récompensés à la hauteur des résultats produits.
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