Site icon Les faits 224

OGP: quand le champion des suspensions goûte à sa propre médecine

Il aimait suspendre. À tout-va. Avec zèle. Avec gourmandise. À l’Office Guinéen de Publicité (OGP), la suspension était devenue, sous sa plume, un outil de management aussi banal qu’un stylo Bic. Jusqu’au jour où le stylo a changé de main.

Par décision N°0027/MIC/SG/2026, en date du 22 janvier 2026, le Ministère de l’Information et de la Communication a infligé une suspension de fonctions jusqu’à nouvel ordre à Monsieur Jean-Marie Soriba Coumbassa, Directeur Général Adjoint de l’OGP. Une décision lourde, motivée, et surtout révélatrice d’un comportement devenu incompatible avec les exigences de la fonction publique.

Du donneur de sanctions au sanctionné

Publicité disponible

Le paradoxe est saisissant. Celui qui s’était illustré par une propension troublante à suspendre ses collaborateurs découvre à son tour la rigueur disciplinaire de l’administration. Cette fois, ce n’est ni une note de service expéditive, ni une humeur du jour : c’est la loi qui parle.

La décision du ministère est claire. Malgré un avertissement formel datant du 3 novembre 2025, le DGA de l’OGP a persisté dans des agissements graves, allant jusqu’à porter atteinte à l’honneur et à l’intégrité physique de sa hiérarchie. Pire encore, une vidéo diffusée sur Facebook le 22 janvier 2026 l’a montré tenant des propos diffamatoires à l’encontre de hautes personnalités publiques, avec une dérive inacceptable : l’indexation directe de la famille du Président de la République.

À ce niveau de responsabilité, ce n’est plus une erreur. C’est une faute. Voire une folie.

Quand l’administration n’est plus un terrain de règlements de comptes

Le Ministère ne s’y est pas trompé. Les faits constituent une faute disciplinaire caractérisée, au regard de la loi portant statut général des agents de l’État et des textes encadrant les conseils de discipline. La sanction, elle, se veut « proportionnée à la gravité des faits ». Traduction administrative : on a trop laissé passer.

Car derrière cette suspension, c’est aussi un comportement ignominieux qui est questionné. Celui où l’insubordination était devenue une sorte de plaisir malsain pour Jean-Marie Coumbassa.

En suspendant le DGA, l’autorité de tutelle envoie un message limpide. On ne dirige pas une administration comme on anime un live Facebook. On ne règle pas ses frustrations personnelles en humiliant l’institution, et surtout, nul n’est au-dessus des règles.

Jean-Marie Soriba Coumbassa conserve, certes, le droit de recours. C’est la loi. Mais le mal est fait : sa suspension sera versée à son dossier administratif, et avec elle, une tache difficile à effacer.

À l’OGP comme ailleurs, la leçon est claire : la suspension n’est pas un jouet. Et quand on en abuse, elle finit toujours par revenir… comme un boomerang.
Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com

Quitter la version mobile