Décembre 2024. Aladji Cellou Camara hérite d’un Office Guinéen de Publicité exsangue : 80 milliards de francs guinéens de dettes, dont six mois d’arriérés de salaires accumulés. Dix-huit mois plus tard, l’entreprise qu’il quitte n’a plus rien à voir avec celle qu’il a trouvée.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 80 milliards hérités, 14 milliards de dettes antérieures ont été épongées – sans qu’une seule dette nouvelle ne soit contractée. Mieux : 14 milliards ont été reversés à l’État sous forme de taxes, et 35 milliards de salaires ont été intégralement honorés sur la période. Au 30 juin 2026, les comptes de l’entreprise affichent 13 milliards de francs guinéens de trésorerie – pour un capital social de seulement 2 milliards.
À cela s’ajoutent des réalisations structurelles inédites : le recensement, la géolocalisation et la digitalisation de l’ensemble des panneaux publicitaires du territoire guinéen, une opération jamais menée depuis la création de l’OGP en 1986. La dotation de toutes les agences en motos – une cinquantaine au total – pour faciliter le recouvrement des redevances, une première également.
Et tout cela sans casse sociale : zéro licenciement en dix-huit mois, zéro réduction de salaire, l’ensemble des loyers de la direction générale et des agences honorés.
La récompense d’une gestion saine : le limogeage
C’est dans ce contexte qu’intervient la décision de mettre fin aux fonctions du DG Aladji Cellou Camara – en même temps que celles de son adjoint Jean-Marie Coumbassa, qui sortait d’une suspension pour des raisons distinctes. La méthode interroge : traiter dans un même mouvement « le redressement d’une entreprise » et un contentieux disciplinaire propre à un individu revient à confondre deux dossiers qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre.
Plus troublant encore : la suspension de Coumbassa avait été levée par le ministre de l’Information Mourana Soumah, contre l’avis du Premier ministre Amadou Oury Bah lui-même. Une décision qui, prise à cet échelon et dans ces conditions, mérite d’être questionnée sur sa cohérence avec la mission confiée à la direction générale : redresser une entreprise exsangue, pas arbitrer des rivalités internes.
Le bilan de Aladji Cellou Camara, lui, ne prête à aucune ambiguïté : une entreprise assainie, une dette apurée, une trésorerie reconstituée, des emplois préservés. Reste à savoir si la gouvernance de l’État saura s’en inspirer plutôt que de le sanctionner.
Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com
