CONAKRY – Le procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Aly Touré, a expliqué ce lundi 20 janvier 2025 les motivations qui ont conduit le ministère public à demander une peine de cinq ans d’emprisonnement et une amende de 5 milliards de francs guinéens contre l’ancien Premier ministre Kassory Fofana.
Une sanction « exemplaire » pour des faits graves
Selon le procureur, cette peine est proportionnelle à la gravité des faits reprochés à l’ex-chef du gouvernement, accusé de détournement de 15 milliards de francs guinéens dans le cadre du projet MAMRI (Mission d’appui à la mobilisation des ressources intérieures).
« Le ministère public que nous représentons à la barre a demandé à ce que le prévenu soit condamné à 5 ans d’emprisonnement et à une amende de 5 milliards de francs guinéens. Nous estimons que c’est juste le minimum pour un individu poursuivi pour des faits de détournement de deniers publics. Nous espérons que la chambre de jugement nous suivra pour dissuader quiconque de commettre de tels actes à l’avenir », a-t-il déclaré.
Une peine réduite par la loi guinéenne
Le procureur a précisé que, si la législation guinéenne autorisait le cumul des peines, Kassory Fofana aurait pu être condamné à 50 ans d’emprisonnement, compte tenu de la gravité et de la multiplicité des infractions.
« C’est parce que notre loi n’admet pas le cumul d’infractions que nous avons requis la peine attachée à l’infraction la plus grave. Cinq ans, c’est une sanction que nous estimons à la hauteur des faits poursuivis par notre parquet », a-t-il expliqué.
Aucun montage, selon le parquet
Aly Touré a tenu à souligner que le dossier contre l’ancien Premier ministre repose sur des éléments factuels et solides. « Notre parquet n’a rien inventé. Les faits sont graves et suffisamment établis au regard de la loi », a-t-il affirmé.
Prochaines étapes
La décision de la Chambre spéciale de jugement est attendue pour le 13 février 2025.
Affaire à suivre !
