Site icon Les faits 224

Procureur affecté mais absent : le silence d’Algassimou Diallo interroge l’autorité de l’État à N’Zérékoré

Affecté officiellement au parquet de N’Zérékoré, le Procureur Algassimou Diallo brille toujours par son absence. Plusieurs semaines après sa décision d’affectation, l’intéressé n’a toujours pas rejoint son poste, suscitant incompréhension, malaise et interrogations au sein de l’appareil judiciaire et de l’opinion publique.

Dans un État de droit, l’affectation d’un magistrat n’est ni une suggestion ni une option à convenance personnelle. Elle est un acte administratif exécutoire, qui engage l’autorité de l’État et la responsabilité du magistrat concerné. Le refus, explicite ou déguisé, de rejoindre son poste constitue une entorse grave aux principes de discipline, de hiérarchie et de continuité du service public de la justice.

À N’Zérékoré, région stratégique et sensible du pays, l’absence prolongée du procureur n’est pas sans conséquences. Le parquet est le cœur battant de l’action judiciaire : poursuites pénales, maintien de l’ordre public, protection des citoyens, suivi des dossiers sensibles. Laisser ce poste vacant de fait, par un refus de prise de service, revient à fragiliser l’autorité judiciaire dans une zone qui en a pourtant un besoin vital.

Publicité disponible

Le cas Algassimou Diallo pose ainsi une question fondamentale : un magistrat peut-il choisir son poste à la carte, en fonction de ses préférences personnelles, au mépris des décisions de l’institution qui l’emploie ? Si une telle pratique devait être tolérée, elle ouvrirait la voie à une justice à géométrie variable, où l’obéissance aux décisions dépendrait du bon vouloir individuel.

Le silence de l’intéressé n’arrange rien. Aucune communication officielle, aucune justification administrative rendue publique, aucun signal clair de respect de la décision d’affectation. Ce mutisme alimente les spéculations et affaiblit davantage la crédibilité de l’institution judiciaire.

Il appartient désormais au ministère de la Justice et au Conseil supérieur de la magistrature de tirer toutes les conséquences de cette situation. L’autorité de l’État ne se négocie pas. Elle s’exerce. La discipline judiciaire n’est pas facultative. Elle est la colonne vertébrale de la crédibilité de la justice.

N’Zérékoré mérite un procureur présent, opérationnel et engagé. La justice guinéenne mérite des magistrats qui assument pleinement leurs affectations. Et l’opinion publique est en droit d’attendre que nul, fût-il procureur, ne se place au-dessus des règles communes.

À défaut, c’est toute l’idée de l’État de droit qui vacille.

Par Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com

Quitter la version mobile