Les faits 224

Siguiri : les aveux glaçants d’un tueur en série 

À Siguiri, l’audience du mercredi 25 février 2026 restera longtemps gravée dans les mémoires. Dans une salle d’audience figée par la stupeur, Sékou Keïta a reconnu avoir tué son épouse, Batrou Traoré, dans des circonstances d’une rare brutalité, affirmant sans détour n’éprouver « aucun regret ». Des aveux glaçants, assortis de révélations sur d’autres crimes présumés, qui ont saisi l’assistance et bouleversé bien au-delà du prétoire.

Incarcéré depuis le 10 janvier 2024 à la maison d’arrêt de Siguiri, l’accusé comparaissait devant le tribunal de première instance pour répondre du meurtre de celle avec qui il avait eu deux enfants. À la barre, il a décrit avoir attaché son épouse « de façon très douloureuse » à l’aide d’une corde, avant de lui ôter la vie dans la chambre familiale, en présence de leurs enfants. Selon ses déclarations, il aurait agi parce que la victime avait révélé à sa sœur l’un des homicides qu’il aurait commis auparavant.

Dans un récit d’une froideur déconcertante, l’accusé a également affirmé avoir tué d’autres personnes par le passé, notamment un conducteur à Doko et un vendeur d’or, évoquant des « attaques » menées seul afin d’éviter toute dénonciation.

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Le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 30 ans, estimant que la gravité des faits, leur préméditation alléguée et l’absence de remords appellent une sanction exemplaire.

De son côté, l’avocat de la défense, Me Mamadi Doumbouya, a plaidé pour une application stricte de la loi, sans faire de déclaration détaillée à l’issue des débats.

Le président du tribunal de première instance de Siguiri, Mohamed Lamine Touré, a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le lundi 2 mars 2026.

Au-delà du sort judiciaire de l’accusé, cette affaire met en lumière la violence extrême qui peut se dissimuler derrière les murs du foyer et pose, une fois de plus, la question de la protection des victimes et de la prise en charge des enfants témoins de drames familiaux. À Siguiri comme ailleurs, l’émotion est vive, et l’attente du jugement se mêle à une profonde consternation.

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