Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a lancé, ce mercredi 19 août 2026, le déplacement temporaire de l’ensemble des services du Centre hospitalo‑universitaire Ignace Deen vers le Camp Camayenne, à Conakry. Cette opération, prévue pour durer plusieurs mois, s’inscrit dans le programme de reconstruction du plus ancien hôpital public du pays.
Le CHU Ignace Deen, fondé en 1952, subit depuis deux ans des travaux de modernisation financés par le Fonds mondial et le gouvernement guinéen. Les travaux, qui comprennent le renforcement de la structure, l’installation d’équipements de radiologie de dernière génération et la réhabilitation des blocs opératoires, ne pouvaient se poursuivre avec les patients en place. Le plan prévoit le transfert de la médecine interne, de la pédiatrie, de la gynécologie‑obstétrique et des urgences vers des installations temporaires aménagées au Camp Camayenne, où seront installées 150 lits supplémentaires et une unité de soins intensifs mobile.
Le ministre de la Santé, Dr Mamadou Diakité, a souligné que plus de 1 200 patients seront pris en charge au nouveau site dès le premier jour, avec la garantie d’un suivi identique aux standards du CHU. Le directeur du centre, Pr Moussa Camara, a indiqué que 350 membres du personnel médical et paramédical seront réaffectés, tandis que les patients déjà hospitalisés seront transférés dans les 24 heures suivant le début des travaux. Les associations de patients, dont l’Association Guinéenne des Maladies Chroniques, ont exprimé leur confiance mais réclament une communication claire sur les délais. Le Conseil national de l’ordre des médecins a demandé un audit mensuel afin de vérifier la qualité des soins pendant la période de transition.
Le ministère prévoit que les travaux de rénovation seront achevés d’ici la fin de l’année 2027, moment où le CHU reprendra ses activités dans ses bâtiments modernisés. En parallèle, un projet pilote de télémédecine, soutenu par la Banque africaine de développement, sera déployé au Camp Camayenne pour assurer la continuité des consultations spécialisées. Une campagne d’information nationale, diffusée sur les radios communautaires et les réseaux sociaux, a été lancée pour guider les usagers vers les nouveaux points d’accès et prévenir toute interruption de soins critiques.
