Un an après sa nomination à la tête du gouvernement guinéen, le Premier ministre Amadou Oury Bah fait l’objet d’évaluations contrastées. Alors que certains acteurs politiques critiquent son bilan, la Primature met en avant des réalisations significatives dans divers domaines, soulignant une dynamique de réformes structurelles et de progrès socio-économiques.
Un contexte difficile, des résultats encourageants
Nommé dans un contexte économique tendu, marqué par l’explosion du principal dépôt de carburant de Conakry en décembre 2023, Bah Oury et son équipe ont réussi à rétablir l’équilibre et à maintenir la Guinée sur une trajectoire de développement. Selon la Primature, le Premier ministre a impulsé des réformes visant à stimuler la croissance économique, renforcer la gouvernance et améliorer les conditions de vie des populations.
Des avancées sociales et infrastructurelles
Sur le plan social, le gouvernement a placé la protection sociale et l’amélioration des services publics au cœur de ses priorités. Une mesure phare a été l’introduction d’une prise en charge à hauteur de 80 % des frais médicaux pour les travailleurs et retraités de la fonction publique, une première en Guinée.
En matière d’infrastructures, des investissements majeurs ont été réalisés pour améliorer la mobilité urbaine et désenclaver les zones de production. Parmi les réalisations figurent 267 km de routes bitumées, 540 km de pistes rurales et la construction ou réhabilitation de 34 ouvrages. Des projets stratégiques comme le pont à péage de Tanènè (Dubréka) et le pont sur le Sankarani à Mandiana illustrent la volonté du gouvernement de moderniser les infrastructures pour soutenir le développement.
Renforcement de l’agriculture et résilience économique
Dans le secteur agricole, des mesures ont été prises pour booster la production et assurer la sécurité alimentaire. L’aménagement de 660 hectares de plaines, la mise à disposition de 401 tracteurs mécanisés et la distribution de 1 900 tonnes de semences de riz et de maïs ont permis de renforcer la production céréalière.
Malgré le choc économique provoqué par l’incendie du dépôt pétrolier, la Guinée affiche une croissance du PIB réel de 6,1 % en 2024, dépassant les prévisions initiales de 4,2 %. Cette performance témoigne de la résilience de l’économie guinéenne et des efforts entrepris pour la stabiliser et la diversifier. La capacité d’absorption des financements extérieurs et la mobilisation des recettes intérieures ont également progressé, passant de 30 % en 2023 à 50 % en 2024.
Lutte contre la corruption et réformes politiques
La Primature souligne que la lutte contre la corruption a atteint un niveau inégalé. La digitalisation des processus de passation des marchés publics, ainsi que le paiement des taxes et amendes en ligne, ont contribué à réduire les risques de corruption et à améliorer la collecte des recettes publiques.
Sur le plan politique, l’évaluation des partis politiques et le lancement du recensement administratif à vocation d’état civil sont des étapes clés dans la préparation du retour à l’ordre constitutionnel. Ces initiatives visent à assainir le répertoire national et à garantir une transition transparente et inclusive.
Un bilan contrasté, mais prometteur
Si la Primature dresse un tableau positif du premier anniversaire de Bah Oury, les critiques persistent quant à l’efficacité de certaines réformes et à leur impact réel sur la population. Cependant, les avancées en matière d’infrastructures, de protection sociale et de lutte contre la corruption montrent une volonté de transformation qui pourrait porter ses fruits à moyen terme.
