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Vol d’un nouveau-né : quand la naïveté des mamans ouvre la voie aux ravisseurs

La mère du nourrisson kidnappé

L’affaire a choqué l’opinion ce mercredi matin au Centre Médical Communal (CMC) de Ratoma : un nourrisson a été enlevé des bras de sa mère, quelques heures seulement après sa naissance par césarienne. Mais au-delà de l’émotion, ce drame met en exergue un phénomène inquiétant : la vulnérabilité et parfois la naïveté de certaines mamans face aux inconnus dans les familles et maternités du pays.

Le récit d’une maman affaiblie et trompée

Makalé Soumah, la maman, se remettait difficilement de son opération lorsqu’une femme qu’elle n’avait jamais vue est entrée dans sa chambre, prétextant vouloir aider à soigner un supposé « problème de langue » du bébé. Trop affaiblie, allongée et souffrant encore des suites de la césarienne, dame Makalé a laissé cette femme inconnue s’approcher de son enfant et l’emporter, profitant d’un moment d’inattention.

« Je croyais qu’elle voulait m’aider… », a confié en pleurs la jeune femme, qui n’avait pourtant aucun lien ni connaissance de la mystérieuse visiteuse.

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Une scène qui rappelle un précédent

Ce cas n’est pas isolé. Il y a quelques mois, une situation similaire avait défrayé la chronique : une jeune fille s’était présentée assidûment dans une famille, s’était emparée d’un nouveau-né sous les yeux mêmes de la mère… sans que celle-ci ne manifeste la moindre suspicion. Le bébé avait finalement été retrouvé plusieurs jours plus tard… en Sierra Leone !

Ces exemples montrent à quel point certaines mères, parfois peu instruites, se laissent convaincre ou manipuler par des inconnus, au mépris des règles élémentaires de prudence.

Quand l’ignorance et l’analphabétisme aggravent la vulnérabilité

La Guinée est l’un des pays où le taux d’analphabétisme féminin reste parmi les plus élevés au monde. Ce déficit d’éducation se traduit souvent par une méconnaissance des comportements de vigilance à adopter face à certaines situations. Beaucoup de jeunes mamans, surtout en zone urbaine populaire, n’osent pas poser de questions, doutent de leur propre jugement et se fient trop facilement à des personnes extérieures.

Dans le cas du CMC de Ratoma, il faut le souligner, l’administration n’a aucune responsabilité directe. Le centre fonctionne comme toutes les autres maternités du pays, avec des agents en service et des consignes de base. Mais aucune structure médicale, aussi sécurisée soit-elle, ne peut anticiper ou empêcher le consentement involontaire qu’une maman accorde à une inconnue se présentant sous prétexte d’assistance.

Une vigilance collective nécessaire

Pour les familles, cet événement est une piqûre de rappel : la naissance d’un enfant, aussi joyeuse soit-elle, doit rester un moment entouré de précautions. Aucun parent ne devrait confier, ne serait-ce qu’une minute, un nouveau-né à une personne non identifiée ou inconnue.

Les autorités ont ouvert une enquête afin de retrouver l’enfant et d’identifier la ravisseuse. Mais ce drame met surtout en exergue une urgence sociale : sensibiliser les jeunes mères à la vigilance et à la prudence dans les maternités et dans les familles, afin d’éviter que l’ignorance et la naïveté ne continuent de faciliter la tâche aux malfaiteurs.

Quand la banalisation de la naissance nourrit la négligence

En Guinée, le taux de fécondité est très élevé. Le Niger et la Guinée sont d’ailleurs les deux pays où ce taux figure parmi les plus hauts au monde. Du coup, c’est facile de faire un enfant en Guinée, et cette abondance apparente finit par banaliser la naissance aux yeux de certains parents. Au lieu d’entourer les bébés et les enfants d’une vigilance constante, beaucoup adoptent une attitude de négligence, persuadés qu’« un enfant de moins » ne change pas fondamentalement leur vie. Cette mentalité, héritée d’un contexte social où la maternité est fréquente et l’analphabétisme massif, ouvre un boulevard aux ravisseurs : les mamans se laissent approcher, convaincre, parfois même manipuler sans résistance. L’enlèvement survenu au CMC de Ratoma en est une illustration tragique : il révèle moins une faille du système médical qu’une défaillance de conscience parentale face à la valeur irremplaçable d’une vie nouvelle.

Sambégou Diallo

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