Conakry, 14 mars 2025 – L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, fait partie des 24 partis politiques autorisés ce vendredi par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) à poursuivre leurs activités. Cependant, cette autorisation est soumise à une condition : l’organisation d’un congrès dans un délai de 45 jours.
Une décision accueillie avec des réserves
Représenté par Joachim Baba Millimouno, coordinateur de la cellule de communication du parti, l’UFDG a exprimé des réserves quant à la méthodologie utilisée pour cette évaluation. Selon Millimouno, cette cérémonie de restitution des résultats « n’avait pas forcément lieu d’être ». Il a estimé que le MATD aurait pu simplement notifier les résultats aux partis concernés par un rapport.
« Ma déception est de constater qu’un instrument juridique est utilisé alors qu’il n’est pas en vigueur. Il s’agit de la loi sur le financement public des partis politiques, une loi quasi inexistante. Certes, elle a été discutée lors de la dernière législature, avant la prise du pouvoir par le CNRD, mais cette loi n’a fait l’objet d’aucune promulgation, d’aucune publication au journal officiel de la République. Il est inconcevable, inacceptable que l’on évalue des partis politiques sur la base d’instruments et d’éléments d’appréciation non opposables à un justiciable ou à une entité quelconque. C’est un manquement grave qu’il faut dénoncer », a-t-il déclaré.
Une autorisation sous condition
Malgré ces critiques, l’UFDG se réjouit d’être parmi les partis autorisés à poursuivre leurs activités. Toutefois, cette autorisation est conditionnée à l’organisation d’un congrès dans les 45 jours. Joachim Baba Millimouno a précisé que le parti était déjà bien avancé dans les préparatifs de son congrès, initialement prévu les 19 et 20 avril 2025.
« Nous nous réjouissons d’appartenir à la liste de 24 partis politiques autorisés à exercer sur l’ensemble du territoire, sous réserve de l’organisation de notre congrès qui ne dépend plus de nous. Parce que nous sommes à plus de 95% du processus d’organisation de ce congrès. N’eût été la suspension de nos congrès fédéraux et du processus d’organisation du congrès national par le tribunal de première instance de Dixinn, nous aurions déjà tenu notre congrès. Cela dit, nous sommes quelque peu déçus mais plus ou moins satisfaits du résultat », a-t-il expliqué.
Un contexte politique tendu
Cette évaluation des partis politiques s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre le pouvoir en place et l’opposition. L’UFDG, l’un des principaux partis d’opposition, a souvent critiqué les décisions du gouvernement, notamment en ce qui concerne les restrictions imposées aux activités politiques.
La condition imposée à l’UFDG d’organiser un congrès dans un délai aussi court pourrait être perçue comme une pression supplémentaire sur le parti. Cependant, Joachim Baba Millimouno a assuré que l’UFDG était prête à relever ce défi, tout en continuant à dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités dans le processus d’évaluation.
Une étape clé pour l’UFDG
L’organisation de ce congrès dans les délais impartis sera un test important pour l’UFDG, qui devra démontrer sa capacité à se conformer aux exigences du MATD tout en maintenant son engagement en faveur de la démocratie et de la transparence.
En attendant, l’UFDG reste déterminée à jouer son rôle dans le paysage politique guinéen, tout en continuant à défendre ses positions et à critiquer les décisions qu’elle juge injustes ou illégitimes.