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Alassane Ouattara : Le « Devoir » plus fort que la promesse

À l’approche de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, le président Alassane Ouattara a formellement présenté sa candidature à un quatrième mandat, rompant avec la promesse qu’il avait faite en mars 2020 de laisser la place à une nouvelle génération.

Disant avoir mûrement réfléchi, Ouattara invoque désormais « un devoir » qui transcende la parole donnée, quelle qu’en soit la sincérité initiale. Il souligne son engagement premier lors de la prestation de serment : servir la nation, protéger l’unité nationale et garantir le bien-être des Ivoiriens. Le chef de l’État affirme que la Constitution le lui permet et que sa santé lui permet de poursuivre sa mission.

Selon lui, la Côte d’Ivoire traverse des défis « sécuritaires, économiques et monétaires sans précédent », nécessitant un leadership expérimenté et stable. Il cite notamment la menace terroriste dans la région, les secousses économiques mondiales et les incertitudes monétaires locales.

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Au congrès du RHDP, tenu en juin dernier au stade d’Ébimpé, plus de 80 000 militants ont acclamé sa désignation comme candidat officiel par acclamation. Pourtant, il avait refusé à ce moment-là de confirmer sa décision, évoquant une réflexion « dans les jours à venir ». Finalement, son annonce a mis un terme au suspense politique qui durait depuis plusieurs semaines.

Le choix d’un quatrième mandat est perçu comme légal selon la révision constitutionnelle de 2016, qui a remis à zéro le compte des mandats présidentiels. Mais cette même révision est au cœur des critiques : l’opposition y voit un contournement clair de l’esprit démocratique, d’autant plus que plusieurs figures majeures, comme Tidjane Thiam ou Laurent Gbagbo, ont été exclues du processus électoral, alimentant les accusations de verrouillage politique.

Malgré ce contexte, Ouattara promet un scrutin « paisible, démocratique et transparent », réaffirmant son attachement à la paix nationale et à la cohésion sociale. Il appelle la population ivoirienne à dépasser les divisions passées, invitant au dialogue et au respect mutuel, dans un processus qu’il qualifie de test de maturité politique pour le pays.

Au-delà du mythe : entre devoir et défi démocratique

L’annonce d’Ouattara représente un retour spectaculaire sur sa promesse précédente de retrait politique. Ce revirement survient après la mort de son dauphin politique désigné, Amadou Gon Coulibaly, et alors que le RHDP affirmait qu’il n’y avait pas de successeur viable en son sein. Critiques et partisans s’accordent désormais sur un seul point : la légitimité de cette candidature suscite autant d’engouement que d’inquiétude.

Sur le plan institutionnel, alourdi par les exclusions judiciaires de certains opposants, le scrutin s’annonce sous haute tension. Pour l’opposition, celui qui avait promis le renouvellement institutionnel incarne désormais une « continuité autoritaire » qui s’éloigne du pacte démocratique envisagé en 2020.

Vers 2025 : stabilité ou statu quo ?

Sous le regard de la communauté internationale et de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), Ouattara se présente comme l’homme de la stabilité, fort d’un bilan notable en matière de croissance économique — un PIB estimé à 6,3 % ­en 2025 — mais également de consolidation infra structurale dans les transports et l’énergie. Ses succès, notamment dans l’électrification rurale et l’appui au secteur agricole, restent reconnus, même quand l’opposition dénonce un développement très inégal.

Mais cette stabilité affichée repose sur une base institutionnelle contestée, dans un contexte où la société civile cherche à peser sur des élections perçues comme inéquitables. Une élection « verrouillée » ou incomplète risque de raviver les tensions socio-politiques du passé, comme celles de 2010-11 ou de 2020, lorsque des violences avaient éclaté autour de choix présidentiels contestés.

Alassane Ouattara brandit désormais le devoir comme motif principal de sa candidature, reniant la parole solennelle prononcée à l’orée de l’an 2020. Dans le même souffle, il invoque l’unité nationale, le progrès et l’expérience comme rempart aux défis actuels. Mais sa décision s’inscrit dans un jeu politique complexe, marqué par des exclusions partisannes et une opposition amoindrie.

Si la Constitution lui permet cette nouvelle course, elle reste contestée dans son interprétation. Pour beaucoup, la question n’est plus de savoir s’il peut, mais s’il doit. La Côte d’Ivoire, à l’orée d’un scrutin décisif, se trouve à la croisée de deux chemins : celui du devoir accompli ou celui du statu quo politique.

 Lesfaits224.com

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