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Guinée : nouvelle carte administrative, 13 divisions redéfinissent la scène politique

Le 15 août 2023, le Président Mamadi Doumbouya a signé la loi créant onze nouvelles préfectures et deux régions administratives, redessinant la carte territoriale de la Guinée. Cette refonte touche les conseils communaux, les futurs conseils régionaux et le Parlement, en modifiant les circonscriptions électorales existantes.

Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la décentralisation et d’améliorer la proximité de l’État avec les populations. La réforme, présentée dans le cadre du projet de loi n° 2023‑12, porte le nombre total de préfectures de 33 à 44 et multiplie les régions de 8 à 10. Chaque nouvelle préfecture regroupe en moyenne 15 communes, ce qui implique la création de 165 conseils communaux supplémentaires. Le budget alloué à la mise en place de ces structures s’élève à 12 milliards de francs guinéens, financés en partie par le Fonds de développement territorial.

Les réactions se sont fait entendre dès la publication du texte. Le parti de l’opposition, l’Union des Forces Démocratiques, a critiqué le manque de concertation et redouté une gerrymandering favorisant le parti au pouvoir. Les organisations de la société civile, dont le Mouvement pour la Transparence et la Bonne Gouvernance, ont appelé à un suivi rigoureux de la répartition des ressources. Sur le plan parlementaire, le nombre de sièges à la Chambre basse passe de 114 à 127, soit une hausse de 13 %. Le ministère de l’Intérieur indique que les élections locales prévues pour mars 2024 seront les premières à se dérouler sous les nouvelles circonscriptions, avec plus de 1 200 bureaux de vote à réorganiser.

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Les observateurs internationaux, notamment la Commission économique pour l’Afrique, soulignent que la réussite de cette réforme dépendra de la capacité de l’État à former les élus locaux et à garantir la continuité des services publics. Le gouvernement a annoncé la création d’un centre de formation à Conakry, qui ouvrira ses portes en septembre 2024, destiné à former 500 cadres administratifs. Par ailleurs, le ministère des Finances prévoit une révision du code des collectivités locales afin d’harmoniser les compétences entre les nouveaux conseils régionaux et les communes, un processus qui devrait être finalisé avant la fin de l’année.

Alors que les premiers scrutins locaux approchent, la communauté internationale surveille de près la mise en œuvre de la nouvelle organisation territoriale. Des missions d’évaluation menées par la Banque africaine de développement sont prévues en octobre 2024 pour mesurer l’impact sur la gouvernance locale et la participation citoyenne. Le résultat de ces évaluations pourrait influencer la prochaine vague de réformes décentralisées, prévue pour 2026, et déterminer si la Guinée parviendra à conjuguer croissance économique et stabilité politique grâce à une administration plus proche du peuple.


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