Conakry, 10 mars 2025 – L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, traverse une période de turbulences internes. Dans un communiqué publié ce lundi, le parti a annoncé la mise à l’écart de deux de ses cadres de premier plan, Cellou Baldé et Maladho Diallo, immédiatement remplacés à leurs postes respectifs. Cette décision, prise dans un contexte de tensions internes, a suscité de vives réactions, notamment de la part du Professeur Lamarana Petty Diallo, président du CERAG-UFDG, qui dénonce une « crise profonde » au sein du parti.
Des remplacements immédiats
Cellou Baldé, ancien coordinateur des fédérations de l’intérieur, a été remplacé par Abdoulaye Bah, conseiller politique du président de l’UFDG. Quant à Maladho Diallo, trésorier national, il cède sa place à Kalémodou Yansané, vice-président chargé des affaires économiques et financières. Ces changements, décidés dans un cadre restreint, ont été justifiés par la direction du parti sans explication détaillée, alimentant les spéculations sur les raisons de ces évictions.
Une décision qualifiée d’« absurde »
Dans une interview accordée à lesfaits224.com, le Professeur Lamarana Petty Diallo n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié ces remplacements d’« absurdes » et dénoncé une gestion opaque et autoritaire au sommet du parti. « L’UFDG est non seulement en train de perdre ses cadres, mais aussi la raison. Ces décisions, prises dans un cercle restreint dominé par le clan présidentiel, montrent un étourdissement, voire une psychose », a-t-il déclaré. Il a également critiqué le manque de transparence dans les procédures, soulignant que « même Dieu ne condamne pas sans jugement ».
Une gérontocratie en question
Le professeur Diallo a pointé du doigt deux problèmes majeurs au sein de l’UFDG : un président « malléable » et une gérontocratie vieillissante. Selon lui, la nomination de septuagénaires, voire d’octogénaires, à des postes clés, au détriment de cadres plus jeunes et compétents, illustre un décalage criant avec les réalités actuelles. « La marginalisation des cadres s’explique par un président facilement influençable et une gérontocratie anachronique, complètement déconnectée de la réalité », a-t-il ajouté.
Il a également dénoncé le « corporatisme » qui favoriserait des individus sans lien historique avec le parti, souvent cooptés au sein de l’ANAD (Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique), au détriment des membres historiques de l’UFDG.
Un avenir incertain
Le professeur Diallo a lancé un avertissement solennel : si la base et les cadres réformateurs ne reprennent pas les rênes du parti, l’UFDG risque de se désintégrer. Cette mise en garde intervient dans un contexte où les deux cadres écartés, Cellou Baldé et Maladho Diallo, pourraient définitivement quitter le parti après leur récente rencontre avec le général Mamadi Doumbouya, chef de l’État.
Cette crise interne soulève des questions sur l’avenir de l’UFDG, l’un des principaux partis d’opposition en Guinée. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si le parviendra à surmonter ses divisions ou s’il continuera à s’enliser dans des luttes intestines.