Quelque 238 membres présumés du gang vénézuélien Tren de Aragua ont été expulsés des États-Unis et sont arrivés au Salvador dimanche 16 mars. Ils ont été immédiatement transférés au Centre de détention pour terroristes (Cecot), une prison de haute sécurité située à 75 km au sud-est de la capitale San Salvador. Le président salvadorien Nayib Bukele a confirmé cette information sur X, précisant que les détenus y resteront pour une période d’un an, renouvelable. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un accord entre les États-Unis et le Salvador, annoncé le 3 février par le secrétaire d’État américain Marco Rubio lors d’une visite à San Salvador.
Le président américain Donald Trump a justifié ces expulsions en invoquant une loi datant de 1798, la Loi sur les étrangers et la sédition, qui permet au président d’arrêter ou d’expulser des citoyens d’une nation ennemie en temps de guerre. Trump a qualifié les membres du Tren de Aragua d’« ennemis étrangers », affirmant qu’ils menaient « une guerre illégale contre le territoire des États-Unis ». Cependant, cette décision a été temporairement bloquée par le juge James Boasberg, qui a ordonné une suspension de 14 jours pour examiner la légalité du décret. Des défenseurs des droits humains, dont l’ACLU, ont critiqué cette mesure, la qualifiant d’« inédite et illégale ».
Le gang Tren de Aragua, originaire du Venezuela, est accusé de trafic de drogue, d’extorsion et d’autres crimes violents. Donald Trump l’a classé comme organisation terroriste et l’accuse d’avoir des liens avec le président vénézuélien Nicolas Maduro. Selon Trump, le gang opère « sous la direction, clandestine ou non, du régime Maduro ». Le leader du gang, Héctor Guerrero, alias « El Niño Guerrero », s’est échappé en septembre 2023 de la prison de Tocorón au Venezuela, décrite par certains comme une « prison dorée » pour criminels.
Cette expulsion s’inscrit dans un contexte plus large de crise migratoire et sécuritaire. Plus de 7,8 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays au cours de la dernière décennie, dont une partie s’est réfugiée aux États-Unis. En début d’année, l’administration Trump a retiré le statut de protection temporaire accordé à environ 600 000 Vénézuéliens, les rendant ainsi éligibles à l’expulsion. Parallèlement, le Venezuela a organisé des vols de rapatriement de migrants dans le cadre de son plan « Retour à la patrie ».