La Guinée vient de recruter 59 enseignants-chercheurs sénégalais, dont un ancien membre du Conseil constitutionnel. Une vague de mobilité académique qui révèle l’attractivité croissante de notre pays, désormais prisé aussi bien par les investisseurs étrangers que par les intelligences de la sous-région.
La Guinée confirme, jour après jour, son changement de stature économique et institutionnelle. Le recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais, parmi lesquels figure un ancien membre du Conseil constitutionnel du Sénégal, illustre une dynamique nouvelle : celle d’un pays devenu attractif, compétitif et ambitieux, y compris dans le domaine stratégique du capital humain.
L’information, révélée par le journal L’Observateur du Groupe Futurs Médias, a suscité un vif débat à Dakar. Dans un entretien paru le samedi 3 janvier, le Pr Abdou Salam Sall, ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), appelait à la publication de la liste des universitaires enrôlés pour la prochaine rentrée académique guinéenne. Son vœu a été exaucé : les noms, grades et statuts des concernés sont désormais connus.
Une décision sénégalaise qui confirme l’attrait guinéen
Face à cette situation, les autorités sénégalaises ont réagi avec fermeté. Selon une source du ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les enseignants concernés devront faire un choix clair entre les deux pays.
« Ils sont libres de choisir, mais tout enseignant identifié devra présenter un acte de cessation avant de poursuivre son engagement », a tranché la même source.
Loin d’affaiblir la Guinée, cette réaction souligne au contraire l’ampleur du phénomène : jamais auparavant le pays n’avait attiré, à une telle échelle, des enseignants-chercheurs de haut niveau issus d’un système universitaire aussi reconnu que celui du Sénégal.
Une Guinée devenue attractive
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte économique et institutionnel profondément renouvelé. En quatre années, sous le leadership du Président Mamadi Doumbouya, la Guinée a enregistré une croissance soutenue de son PIB, au point de dépasser plusieurs économies africaines de référence, dont le Sénégal, selon de nombreux indicateurs macroéconomiques.
Cette performance repose sur des réformes structurelles majeures : assainissement des finances publiques, investissements massifs dans les infrastructures, modernisation de l’administration et mise en valeur stratégique des ressources naturelles. À cela s’ajoute une volonté clairement affirmée de renforcer le système d’enseignement supérieur, considéré comme un pilier du développement à long terme.
Le capital humain, cœur de la vision 2040
Le recrutement d’universitaires étrangers expérimentés n’est pas un hasard. Il s’inscrit dans une vision à long terme, souvent résumée par les experts comme une trajectoire « Guinée 2040 », où la comparaison avec certains pays de la sous-région deviendrait, selon eux, de plus en plus marginale.
Former une élite nationale compétitive, attirer des compétences internationales et renforcer la recherche scientifique sont désormais des priorités assumées. La présence d’enseignants-chercheurs chevronnés, rompus aux standards internationaux, participe directement à cette montée en gamme du système universitaire guinéen.
Un signal fort pour l’Afrique de l’Ouest
Au-delà de la polémique, cette affaire révèle une réalité nouvelle : la Guinée n’est plus seulement un pays de potentiel, elle est devenue un pays de destination. Destination pour les investisseurs, pour les projets structurants, mais aussi pour les intelligences africaines en quête d’opportunités, de stabilité et de perspectives.
Dans une Afrique de l’Ouest en pleine recomposition économique, la Guinée affirme désormais sa place, non par le discours, mais par les faits. Et ceux-ci parlent d’eux-mêmes.
Par Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com