Réunis lundi 16 mars à Conakry, les présidents de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone ont adopté une feuille de route articulée autour de 12 résolutions pour désamorcer les tensions frontalières. Dans un contexte international marqué par la montée des crises, les trois chefs d’État ont privilégié une approche fondée sur le dialogue, la coopération sécuritaire et le renforcement de l’intégration régionale.
À Conakry, le temps n’était pas aux discours creux, mais aux engagements concrets. Lundi 16 mars, les présidents de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone ont scellé un consensus autour de douze résolutions destinées à encadrer la gestion des tensions frontalières et à prévenir toute escalade.
Dans un monde traversé par des turbulences géopolitiques et des crispations croissantes, cette initiative régionale s’inscrit dans une volonté affirmée de préserver la stabilité en Afrique de l’Ouest. À travers ce sommet, le Président de la République de Guinée s’est illustré dans un rôle de facilitateur, privilégiant le dialogue, la concertation et la recherche de solutions pacifiques, fidèle à une approche fondée sur la responsabilité et la retenue.
Le principe directeur est posé sans ambiguïté : le règlement pacifique des différends. Les trois pays ont ainsi réaffirmé leur attachement à la voie diplomatique, écartant toute option de recours à la force, tout en décidant de maintenir le statu quo sur les positions frontalières, le temps de poursuivre les discussions.
Au cœur de ce dispositif, douze résolutions structurent une réponse à la fois sécuritaire, politique et économique, avec pour ambition d’apaiser les tensions, de restaurer la confiance entre les populations et de relancer les dynamiques de coopération dans l’espace de l’Union du fleuve Mano.


Les 12 résolutions clés adoptées à Conakry
1. Exprimer une préoccupation face à la multiplication des crises et conflits dans le monde et à leurs impacts économiques, sécuritaires et humanitaires, notamment pour les pays en développement.
2. Réaffirmer les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale, d’indépendance politique et de coexistence pacifique.
3. Promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le développement dans l’espace de l’Union du fleuve Mano.
4. Résoudre tous les différends frontaliers par des moyens pacifiques et diplomatiques, conformément à la Charte des Nations Unies.
5. Renforcer les efforts conjoints contre l’insécurité, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et les trafics.
6. Développer conjointement les activités économiques dans les zones frontalières pour soutenir la prospérité et la coexistence.
7. Encourager l’intégration régionale, notamment dans le commerce, les infrastructures, l’énergie, l’environnement et la libre circulation des personnes et des biens.
8. Intensifier la coopération entre les forces de défense à travers des patrouilles conjointes, le partage de renseignements et l’amélioration des mécanismes de communication.
9. Engager rapidement les services compétents dans le dialogue pour prévenir les incidents, faciliter les échanges locaux et poursuivre la clarification et la démarcation des frontières.
10. Renforcer la surveillance conjointe des frontières et les mécanismes de prévention des conflits.
11. Convoquer, dans un délai d’un mois, un sommet de l’Union du fleuve Mano pour relancer la coopération régionale.
12. Organiser des visites de travail réciproques afin de renforcer la coopération, la fraternité et la coexistence pacifique entre les États.
Sambégou Diallo