Le gouvernement guinéen a tapé du poing sur la table le 2 novembre 2026 en décrétant une interdiction totale et stricte de l’orpaillage sur les sites sensibles de la région administrative de Siguiri. Cette décision majeure est formalisée par un communiqué conjoint signé par plusieurs ministères, notamment ceux de la Défense nationale, des Mines et de la Géologie, de l’Administration du Territoire, de l’Environnement et de la Sécurité.
Bien que les autorités qualifient officiellement cette activité d’« exploitation anarchique » pour en dénoncer les dérives, c’est bien l’exploitation artisanale qui est directement visée par cette mesure. Ce secteur, qui s’est massivement développé au fil des années, est principalement animé par les populations locales ainsi qu’une importante main-d’œuvre étrangère, comprenant notamment de nombreux ressortissants burkinabé venus chercher fortune dans les placers de Siguiri.
Face à la dégradation alarmante de l’environnement, à la destruction des terres agricoles et à la pollution critique des cours d’eau par les produits chimiques, l’État a déployé l’artillerie lourde. Un dispositif permanent des forces de défense et de sécurité est désormais chargé de bloquer l’accès aux engins lourds (dragues, excavatrices) et de faire respecter cette interdiction, suspendue à la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire.
Cette offensive s’accompagne d’une vaste purge administrative face au laisser-aller local. Juste avant l’annonce de ce communiqué, le ministère de l’Administration du Territoire a prononcé la suspension et l’ouverture de poursuites judiciaires contre les hauts responsables de la région :
- Le Colonel Fayimba Mara, préfet et gouverneur par intérim de la région administrative de Siguiri.
- Quatre préfets par intérim des localités stratégiques de Doko, Dialakoro, Kintignan et Siguirini.
- Dix-sept sous-préfets de la région (dont ceux de Bankon, Naboun, Didi, Kourémalé, ou encore Fidako
Ces administrateurs civils et militaires sont visés pour leur passivité ou leur complicité présumée dans le développement de ces pratiques minières destructrices. Sur le terrain, un dispositif permanent des forces de défense et de sécurité a été déployé pour bloquer l’accès aux engins lourds (dragues, excavatrices) et faire respecter l’interdiction, en attendant la définition d’un nouveau cadre réglementaire.
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