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La Guinée veut reprendre le contrôle de sa bauxite

Conakry compte développer les capacités de transformation locale de la bauxite, essentielle à la production d’aluminium. Car les retombées de l’exploitation minière ne profitent pas à la population, qui souffre en revanche de la pollution des sols et de l’eau. Reportage du quotidien espagnol El País.

En Guinée, pays essentiel pour l’avenir de la voiture électrique, la circulation routière est un casse-tête qui peut avoir des conséquences mortelles. Moins de 10 % des routes sont asphaltées. Quand on y circule, une vision récurrente met en garde les usagers de voitures partagées : le grand nombre de camions et de voitures renversés sur l’accotement.

Ce qui se passe en surface est paradoxal. Car les entrailles du sol de Guinée recèlent les plus grandes réserves de bauxite de la planète. La bauxite est une roche de couleur marron rougeâtre dont on extrait l’aluminium, grâce auquel on fabrique les voitures à des milliers de kilomètres de là, en Chine et en Europe.

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Les constructeurs automobiles utilisent l’aluminium dans diverses pièces du châssis et de la carrosserie pour rendre les véhicules [électriques] plus légers et ainsi augmenter la durée de vie de la batterie, de même que son autonomie. Ces voitures nécessitent jusqu’à 27 % de plus d’aluminium que celles équipées de moteurs thermiques.

La bauxite, en outre, sert à fabriquer des avions, des bateaux, des panneaux solaires et des éoliennes. Pour se procurer cette roche convoitée, toutes les grandes puissances sont présentes dans ce pays africain, qui a commencé à réorganiser son secteur minier.

Depuis quelques années, la Guinée a entamé une réorganisation profonde de son secteur minier. De plus, la stabilité institutionnelle retrouvée après l’élection présidentielle de décembre 2025 offre un nouveau cadre pour ces ambitions nationales. Le gouvernement civil, succédant à la période de transition, a fait de la souveraineté économique son cheval de bataille, exigeant des partenaires étrangers des engagements concrets en matière d’industrialisation.

L’objectif est clair : briser le cycle de l’exportation brute. Jusqu’à présent, la bauxite quittait les ports de kamsar ou de Dapilon sans aucune transformation, laissant derrière elle des paysages lunaires et des poussières rouges qui s’infiltrent partout. En imposant la construction de raffineries d’alumine sur le territoire, les autorités espèrent non seulement créer des milliers d’emplois, mais aussi capter une plus grande partie de la manne financière générée par la transition énergétique mondiale.

Cependant, le défi reste immense. Transformer la bauxite demande une énergie colossale que le réseau national peine encore à fournir de manière constante. Pour les populations de Boké ou de Sangarédi, l’urgence est aussi environnementale.

Les habitants attendent que la « prospérité minière » ne se lise plus seulement dans les statistiques de croissance à l’autre bout du monde, mais dans l’accès à l’eau potable, à des routes bitumées et à un air respirable. La Guinée joue aujourd’hui sa crédibilité : transformer son « scandale géologique » en un véritable moteur de développement durable pour ses citoyens.
in El País

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